218 logements privés d’eau chaude depuis deux mois

le 20 août 2017
Villiers-le-Bel, mercredi. La copropriété de la Résidence de l’Orme est sans eau chaude depuis deux mois. Plus globalement les habitants dénoncent une « dégradation » de leur résidence et « une mauvaise gestion ».

LP/M.G

Privés d’eau chaude depuis… Deux mois ! A la Résidence de l’Orme, à Villiers-le-Bel, le ras-le-bol devient général. Dans cette copropriété de 218 logements, répartis sur quatre tours de sept niveaux, règne une drôle d’atmosphère.

« Depuis début juillet, on n’a plus du tout d’eau chaude », indique Aurélie, copropriétaire depuis huit ans. Ismaël* ne comprend pas. « On a une chaudière neuve, installée il y a quatre ans. Ça a coûté 210 000 € à la copro. La garantie devrait jouer, mais rien n’est fait ». Les deux chaudières, assurant la production de l’eau chaude et du chauffage sont percées. « Le remplacement de ces dernières est nécessaire », selon Coriance, chargé du réseau sur la copropriété. « J’ai fini par installer un ballon d’eau chaude, comme on nous a dit de faire en assemblée générale, ça m’a coûté 1 000 € », souffle Saïd, père de deux enfants. Ce jeudi après-midi, la société Coriance assure que le nécessaire va être fait. « Nous allons procéder aux réparations puisque cela fait partie de la garantie, réagit Frédéric Turin, directeur général adjoint de Coriance. Quant aux prestations qui nous sont dues, on ira au tribunal. Ils nous doivent 20 000 €. Ça fait plus d’un an que ça dure. Le dialogue est très compliqué. »

Ce n’est pas le seul prestataire à rencontrer des difficultés avec les gestionnaires de cette résidence. Engie, fournisseur d’énergie, envisage de couper le gaz à la fin du mois. « La résidence a six mois de retard de paiement et nous doit environ 53 000 €, explique-t-on chez Engie. Notre commerciale est très embêtée car le syndic est extrêmement difficile à joindre ». Ce n’est pas la première fois que cela se produit. « L’an dernier déjà, nous avions dû mettre en place un échéancier, après des relances. Cette année, on appelle tous les mois, mais on n’a pas de réponse ». Les copropriétaires déplorent la « dégradation » de leur résidence. « Ça va de mal en pis », constate Aurélie. Comme Ismaël, elle ne paie plus ses charges. « On nous fait des rappels sans arrêt, des travaux sont votés, mais rien n’est fait ». Trois copropriétaires ont d’ailleurs engagé une procédure judiciaire à l’encontre du syndic, le cabinet Fréquel.

La situation est telle que le maire (PS) Jean-Louis Marsac est lui aussi intervenu. « Nous allons demander la dénomination d’un administrateur provisoire pour y voir clair sur l’état des comptes et sur la gestion de cette copropriété, insiste l’élu. Les avocats sont dessus. » Cette procédure « inhabituelle, du jamais fait à Villiers-le-Bel », selon le maire, semble nécessaire. Depuis plusieurs mois, la municipalité est inquiète. « Plusieurs copropriétaires se plaignent de charges trop élevées. Nous avons voulu accompagner le syndic mais ça a été une fin de non-recevoir. Il y a un projet de se déconnecter du chauffage central, ça serait une hérésie, le début d’un cycle catastrophique. ».

*Le prénom a été modifié

Le syndic se défend Depuis 2012, le cabinet Fréquel, dont le siège est basé à Paris (XXe), est le syndic de la résidence de l’Orme à Villiers-le-Bel. Du côté de l’organisme, on ne comprend pas les critiques de gestion à son égard. « Coriance a installé une machine qui est inefficace, explique un responsable. Aujourd’hui on se retrouve avec une chaudière cassée. On demande à la copropriété de payer toutes ces incohérences ». Quant aux factures impayées évoquées par Coriance et Engie, le cabinet s’agace. « Engie doit verser une subvention de 20 000 €, on attend qu’elle paie. » Il insiste sur le fait « que toutes les décisions sont votées en assemblées générales » et renvoie au conseil syndical pour plus de détails. Contacté, le président du conseil syndical, « en vacances jusqu’à mi-septembre », n’a pas souhaité s’exprimer « par téléphone ».

Source : Le Parisien

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