Airbnb a collecté 24 millions d’euros de taxe de séjour pour l’année 2018

le 21 janvier 2019

La plateforme de location de logements entre particuliers a décidé en juillet 2018 d’élargir la collecte de taxe de séjour à toutes les communes prélevant la taxe. Ce faisant, elle a devancé la loi. Elle a publié vendredi 18 janvier les chiffres de cette collecte.

Airbnb a collecté 24 millions d’euros de taxe de séjour pour l’année 2018

Inauguration de bureaux Airbnb, à Wasquehal, dans le Nord. / 1/PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

La plateforme de location de logements entre particuliers Airbnb va reverser à 23 000 communes françaises 24 millions d’euros de taxe de séjour prélevés en 2018, contre 13,5 millions en 2017 pour 50 communes. Les trois principales villes bénéficiaires se partagent 40 % de l’ensemble : Paris (qui représente à elle seule 32 %), Nice et Marseille.

La France est le deuxième marché pour Airbnb, après les États-Unis. 16 millions de personnes ont loué un logement sur la plateforme en France en 2018, soit 40 % de plus qu’en 2017. Derrière les trois premières villes, on retrouve Lyon, Bordeaux et les stations de ski alpines.

La taxe de séjour collectée par Airbnb peut représenter jusqu’à 5 % des recettes de certaines communes. Cette collecte est « une bonne chose pour nos finances publiques », ajoute Philippe Laurent, président de la commission des finances de l’Association des maires de France, dans Le Parisien.

Ce que dit la loi Élan

La loi Élan (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique) du 23 novembre 2018 contraint les plateformes à collecter de manière automatique la taxe de séjour pour toutes les communes concernées à partir du 1er janvier 2019. Airbnb a décidé d’appliquer ce dispositif préventivement depuis le 1er juillet 2018. Auparavant, dans la plupart des communes, les hôtes devaient collecter la taxe, mais le faisaient rarement.

La loi Élan a aussi modifié le mode de calcul de la taxe pour les logements non classés en « meublés de tourisme ». Le montant journalier n’est plus fixe mais dépend du prix de la nuitée, avec un taux compris entre 1 % et 5 %, avec un plafond à 2,30 € par nuitée et par personne. Pour les logements classés, la taxe est fixée, selon la commune et le type de d’hébergement, entre 0,20 € et 4 € par nuitée et par personne.

L’opposition entre les acteurs de la location et de l’hôtellerie

Le 25 octobre 2018, l’Union nationale pour la promotion de la location de vacances (UNPLV), qui regroupe les principaux acteurs du secteur en France (dont Airbnb), avait demandé un report de la réforme au 1er juillet 2019. Elle estimait que « le calendrier de mise en place [semblait] difficile à tenir, et ne [tenait] pas compte des délais techniques nécessaires à sa bonne mise en œuvre ».

La Direction générale des finances publiques (DGFIP), qui devait regrouper les taux décidés par les communes au sein du fichier national de la taxe de séjour, a réussi à le faire le 12 décembre.

La loi Elan a également fixé de nouvelles amendes pour les loueurs et pour les plateformes. Les particuliers devront payer entre 5 000 € et 10 000 € en cas de non-respect de leurs obligations (enregistrement du logement en mairie, transmission du nombre de nuitées louées durant l’année).

Les plates-formes devront payer jusqu’à 50 000 € d’amende si elles ne collectent pas la taxe de séjour, si elles louent des logements plus de 120 jours par an et si elles ne transmettent pas le nombre de nuitées louées.

Redorer l’image d’Airbnb

Le directeur d’Airbnb en France, Emmanuel Marill, se félicite de l’élargissement de la collecte automatique de la taxe de séjour, qu’il considère comme « une avancée ». Cela pourrait améliorer l’image de l’entreprise, très critiquée pour ses pratiques d’optimisation fiscale. Elle n’a payé que 90 000 € en impôt sur les bénéfices en France en 2016 puis 160 000 € en 2017.

L’entreprise est aussi décriée pour les conséquences de ses activités sur le marché immobilier et la vie des habitants. L’adjoint au logement de la ville de Paris, Ian Brossat (PCF), va jusqu’à accuser Airbnb de menacer « l’âme et l’identité d’un certain nombre de quartiers ». Selon lui, « le développement du tourisme ne peut pas se faire au détriment du logement ».

Rémy Fontaine
Source : La Croix

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