Alençon. « Paupérisation du centre-ville avec le logement social » : la colère d’Ahamada Dibo

le 2 juillet 2018

La conclusion de l’opposante Marie-Claude Soubien sur un dossier de réhabilitation de logements a fait bondir le maire-adjoint Ahamada Dibo : « je ne peux pas laisser passer cela ! »

Alençon. « Paupérisation du centre-ville avec le logement social » : la colère d’Ahamada Dibo

L’opposition de droite et du centre attire l’attention de la majorité sur « la paupérisation du centre-ville » à développer les logements sociaux; ce qui a fait bondir Ahamada Dibo. (©L’Orne-Hebdo)

Situé en 54e position, sur les 56 questions à l’ordre du jour, ce versement de subventions OPAH (Opération programmée d’amélioration de l’habitat) et OPAH-RU (Opération programmée d’amélioration de l’habitat-Rénovation urbaine) aurait pu passer très discrètement.

Saisie de quatre demandes, dans le cadre de ces conventions d’OPAH et OPAH-RU, la Ville a donc attribué 1441 € au 56 rue du Château (aide patrimoniale), 1235 € au 10 rue du Bercail (aide patrimoniale), 1000 € au 3 rue Louis Blériot (économie d’énergie) et 500 € au 35 rue des Grandes Poteries (économie d’énergie).

« Pas d’obligation d’accompagnement social pour un bailleur privé »

Mais Marie-Claude Soubien, au nom de l’opposition de droite et du centre « favorable à cette OPAH ainsi qu’aux aides de l’ANAH », a invité la majorité à faire preuve de prudence « sur les logements détenus par les propriétaires bailleurs, et notamment sur le fait que ces logements privés deviennent des logements sociaux supplémentaires sur notre ville ».

Elle signale que « la ville d’Alençon est déjà dotée en nombre plus que suffisants de logements sociaux, ceux-ci bénéficiant d’un accompagnement social de qualité apporté par les bailleurs sociaux » quand « aucun accompagnement social n’est obligatoire par les propriétaires bailleurs de logements privés devenant des logements sociaux ».

Elle rappelle que « des besoins de logements privés sont ressentis sur notre territoire pour les salariés d’entreprises, jeunes cadres en formation mais aussi pour les familles dont les revenus dépassent légèrement les plafonds de ressources HLM ».

Chiffres à l’appui, l’élue UDI signale en outre « que 642 logements sociaux étaient vacants en 2012 soit 14.3 % du parc contre 11 % en 2007 ». Et Marie-Claude Soubien de conclure :

« Il faut donc être attentif au développement des logements sociaux. Attention à ne pas paupériser notre centre-ville ».

Une phrase qui a fait sortir Ahamada Dibo de ses gonds : « Je ne peux pas laisser passer cela ! D’abord, avec l’ANRU, projet mis en place par Christine Roimier lorsqu’elle était maire, 500 logements sociaux ont été déconstruits et 388 construits donc le nombre n’augmente pas ! Et on ne peut pas associer la paupérisation aux logements sociaux ! »

« Des habitations insalubres privées en centre-ville »

Selon l’élu de gauche, « ces aides font partie d’une politique publique qui vise à aider des personnes à se loger et cela fait revenir des gens dans le centre-ville. Cette politique de refonte de l’habitat est très attendue de tous. Elle comporte notamment un axe de réinvestissement urbain qui vise à accompagner des propriétaires privés. Et pour avoir constaté l’existence d’habitations insalubres dans le centre-ville, elles appartiennent souvent à des bailleurs privés ! »

Joaquim Pueyo signale que le comportement des gens « est très différent » lorsque leur environnement est amélioré. « On le voit à Perseigne, les habitants sont très satisfaits de la rénovation urbaine ».

Il cite les 21 logements de la Providence inaugurés prochainement : « C’était un dossier très compliqué sur lequel on a travaillé sept à huit ans avec Orne-Habitat mais le résultat est appréciable et fera venir des gens de la classe moyenne en centre-ville. Parler de paupérisation avec le logement social ne sont pas des propos adaptés ».

« Pas de programme neuf privé à Alençon depuis dix ans »

Christine Roimier s’enquiert alors du « repérage de terrains » envisagés par la majorité « pour l’accession en propriété en zone ouest mais aussi en centre-ville. Parce qu’à Alençon, ça fait dix ans qu’il n’y a pas eu de programme neuf privé ».

Marie-Claude Soubien coupe court au débat en annonçant « qu’il n’y avait pas de mauvaise intention » dans son propos « au sujet des personnes qui occupent un logement social ». Elle souhaitait avant tout lever « un point de vigilance » sur le fait que les bailleurs sociaux ont l’obligation d’effectuer un accompagnement social « alors que ces propriétaires bailleurs privés, qui vont transformer leur logement grâce aux aides de l’OPAH et OPAH-RU, en logement social, « n’y sont pas soumis ».

Ahamada Dibo confirme « que deux sites sont repérés à Alençon pour de l’accès à la propriété » et qu’il n’est pas fermé « à un opérateur privé s’il propose un programme qualitatif » mais il ne souhaite pas « de spéculation foncière pour cela ».

« Diversifier l’offre d’habitat en centre-ville »

« Il faut néanmoins avoir conscience que les gens qui souhaitent acheter ont des pouvoirs d’achat différents », ajoute Christine Roimier.

Et Emmanuel Darcissac de conclure sur sa volonté de « diversifier l’offre d’habitat en centre-ville ».

Source : Actu.fr

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