Lutter contre l’étalement des zones urbaines et densifier les centres-villes et les zones d’habitation déjà bâties : tel est l’objectif de la suppression du COS (cœfficient d’occupation des sols), l’un des points forts de la nouvelle loi Alur. En libérant la possibilité de construire (dans certaines limites), cette disposition permet de diviser des terrains en parcelles. Avant, sur un terrain de 4.000 mètres carrés, soumis à un COS de 0,1, la surface constructible ne pouvait pas excéder 400 mètres carrés. Désormais, le propriétaire de ce même terrain peut le revendre en cinq lots de 800 mètres carrés, tous constructibles.

Cela ne veut pas dire qu’on peut construire tout et n’importe quoi. Si le COS a disparu, le législateur a imposé en contrepartie aux municipalités de créer un PLU (plan local d’urbanisme), qui définit sur chaque territoire communal les différentes zones où les types de constructions sont possibles. Objectif : ne plus se retrouver avec quelques maisons individuelles au milieu d’une zone commerciale.

 

Le PLU a d’ailleurs également entraîné la disparition du POS (plan d’occupation des sols). « Le PLU est plus clair et mieux adapté. Les habitants peuvent le consulter et ainsi mieux se projeter. C’est une carte de la ville avec des zones de couleurs différentes pour chaque type d’activité : habitation, zones commerciales, industrielles, agricoles… », explique Blandine Verger, avocate spécialiste du droit de l’immobilier et de l’urbanisme.

Au 1er janvier 2016, les communes qui n’avaient pas créé leur PLU devaient appliquer les articles L111-1 et suivants du Règlement national d’urbanisme, qui permettent de définir des règles de gabarit et de hauteur en matière de construction ou de maintenir des espaces verts. Du moins en principe. Car, même si on estime qu’il est délivré a priori dans les règles, un permis de construire reste attaquable. Si les avocats ne peuvent plus opposer un dépassement du COS, d’autres motifs de contestation sont possibles, aussi bien au tribunal administratif que devant les juridictions civiles.

 

142 euros : c’est le prix moyen d’un mètre carré de terrain constructible en France, pour une parcelle viabilisée.

Sur le volet administratif, les avocats recherchent la « petite illégalité », généralement courante, ou plaident que la future construction « ne s’insère pas dans l’harmonie du quartier ». Un argument fréquemment rejeté, le tribunal constatant souvent que les abords ont déjà été bien saccagés par le passé… à moins que la commune ne s’inscrive dans différents cadres : celui des lois Montagne ou Littoral, par exemple, ou dans celui d’associations du type Plus Beaux Villages de France, en charge de la préservation patrimoniale, et donc esthétique, d’un site.

 

Enfin, la suppression du COS ne permet pas en théorie de construire des gratte-ciel. Mais lorsque les tribunaux d’instance ou de grande instance sont saisis pour des troubles de jouissance liés à la perte d’ensoleillement ou à des troubles anormaux du voisinage, ils invalident rarement les permis. Au mieux, ils accordent des indemnisations aux plaignants…