Ces chers balcons du bord de mer

le 1 août 2017

Ces chers balcons du bord de mer

À Mers-les-Bains, presque un an après la chute du balcon, faisant un blessé grave, les balcons de la résidence Trimaran ont été consolidés. Ils laissent aux propriétaires une ardoise considérable.

Un an après la chute du balcon, les stigmates viennent tout juste de disparaître. Il y a encore quelques semaines, le balcon du 2e étage de la résidence Le Trimaran sur l’esplanade était encore avachi sur celui de l’étage inférieur. Et rappelait de mauvais souvenirs.

Il s’en était fallu de peu, ce 29 août 2016, pour que ce vacancier de 74 ans, installé sur son balcon au 1er étage, ne perde la vie. Deux tonnes se sont écoulées sur lui. «  Ce monsieur est aujourd’hui en attente d’une greffe osseuse, il a perdu 4,8 cm à la jambe », confie la propriétaire de l’appartement qui s’est effondré.

« Nous avions hâte que les travaux se terminent »

Depuis fin juin, plus de 8 mois après l’accident, le balcon à terre a été relevé et refixé. Un balcon en souffrance, figé, qui était resté l’attraction de nombreux badauds. «  Nous avions vraiment hâte que les travaux se terminent. Dans la rue, tout le monde était expert, prenait des photos, et donnait son avis », indique Jean-Pierre Lefevre, copropriétaire et membre du conseil syndical.

«  Avec les diagnostics et les études béton que nous avons menés, nous savons que ce balcon était fragilisé par des fers qui étaient en milieu de dalle et mal placés, explique Xavier de Simencourt du Syndic de copropriété. Cel a a occasionné des micro-fissurations qui ont accéléré la corrosion des fers, et comme il n’y avait que les fers qui tenaient le balcon, sans maçonnerie, il a fini par s’effondrer. » Très vite, l’ensemble des balcons ont été étayés.

72 balcons contrôlés et renforcés

Les 71 autres balcons présentaient-ils les mêmes dangers que le balcon écroulé ? Ils ont tous été contrôlés, «  par des sondages destructifs  », poursuit Xavier de Simencourt. Le balcon du 2e étage était «  le seul à présenter des fers en milieu de dalle  », confirme le Syndic. Des travaux ont néanmoins consolidé l’ensemble des ouvrages, en faisant appel à l’entreprise Freyssinet, et sa «  méthode de fixation par résine, un ancrage de fibres de carbone dans les dalles des appartements, précise Xavier de Simencourt. Une solution technique qui est aussi esthétique. » Un bureau de contrôle et des essais d’arrachement ont validé l’opération. «  Les 72 balcons ont été tous renforcés, il y en a pour 30 ans », termine De Simencourt.

Un préjudice de 700 000 euros

Le préjudice pour la copropriété s’élève à 700 000 euros, dont 200 000 euros d’étaiements. 700 000 euros qui correspondent à 7 ans de budget de fonctionnement. Une somme qui ne prend pas en compte les dommages immatériels ou encore les pertes de loyers. Un système de financement de prêt collectif a été mis en place. Pour ces travaux, de nombreux propriétaires se sont endettés sur plusieurs années. «  Le préjudice est colossal, tempête Xavier de Simencourt du Syndic de copropriété. Nous n’excluons pas d’en rester là, nous devons en discuter avec notre avocat.  » Mais s’engager dans une procédure contre le constructeur, de l’immeuble construit par Eiffage en 1994, «  risque de durer plusieurs années sans aucune garantie de réussite  », s’assombrit Jean-Pierre Lefevre, copropriétaire.

Des infiltrations dans l’immeuble

La propriétaire du balcon effondré ne décolère pas. Des infiltrations continuent d’empoisonner son quotidien. «  Il y a de l’eau dans la chambre dès qu’il pleut, dit-elle. Nous nous plaignons de ces infiltrations depuis la construction de l’immeuble, nous avons envoyé des lettres recommandées et rien ne se fait. » Surprise, lors du sondage destructif des balcons, «  les châssis des fenêtres et porte-fenêtre reposaient sur des cales en bois, explique le Xavier de Simencourt du Syndic, elles n’avaient pas été enlevées à la fin des travaux de construction. C’est en démontant les balcons que nous nous en sommes aperçus, ce qui expliquerait les infiltrations sur certaines zones  ». Un début d’explication…

 

Source : Le courrier Picard

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