Ces logements fissurés qui angoissent leurs occupants

le 15 novembre 2018

Après les effondrements d’immeubles de Marseille et de Charleville-Mézières, façades fissurées sont scrutées avec inquiétude. Le phénomène touche des constructions en manque d’entretien mais aussi un nombre grandissant de maisons frappées par la sécheresse.

Ces logements fissurés qui angoissent leurs occupants

Crédits photo : 17276037/Paylessimages – stock.adobe.com

Ces fissures ignorées pendant des années sont désormais au centre de toutes les attentions. Depuis les dramatiques effondrements d’immeubles de Marseille, les témoignages s’accumulent pour dénoncer l’inaction qui suivi malgré de multiples signalements. Murs qui bougent au point de rendre les portes inutilisables, expertises hasardeuses et absences d’ordres d’évacuation… les récits des occupants de la rue d’Aubagne ont suscité la colère mais aussi la peur de nombreux occupants de copropriétés dégradées. Et l’effondrement qui a eu lieu à Charleville-Mézières sans faire de victime fort heureusement a rappelé que le problème n’était pas spécifiquement marseillais.

Résultat: pour éviter la psychose, de nouveaux experts ont été dépêchés de Paris pour examiner les bâtiments les plus dégradés et épauler la ville. Des spécialistes, notamment ceux du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) vont aider à réaliser un audit sur les logements dans la ville pour faire le tri entre les multiples bâtiments vétustes et insalubres afin d’identifier ceux qui sont réellement dangereux. Au total, 130 signalements sont remontés à la municipalité et «21 arrêtés de péril» ont été pris, en urgence, ces derniers jours. La semaine dernière, deux nouveaux immeubles ont encore dû être démolis.

Détresse des «fissurés de la sécheresse»

Si les conséquences de ces fissures sont les plus redoutables sur de grands immeubles, l’actualité de ces dernières semaines voit aussi se multiplier les affaires de fissures touchant des maisons individuelles. Cette fois-ci, les causes sont bien différentes, il ne s’agit pas de bâtiments mal entretenus mais d’effets secondaires liés à la sécheresse. L’est et le centre de la France ont été particulièrement touchés. Sous l’effet de la chaleur, les sols ont eu tendance à se rétracter avant de se dilater à nouveau avec le retour des pluies. Dans les communes les plus touchées, le phénomène provoque sur de nombreuses maisons des fissures inquiétantes pouvant atteindre plusieurs centimètres de large.

Dans le territoire de Belfort, la petite commune de Denney a ainsi obtenu un arrêté de catastrophe naturelle pour permettre à la dizaine de victimes de ces fissures de pouvoir prétendre à une indemnisation auprès de leur assureur. En tout, 200 bâtiments sont frappés d’un arrêté de péril à Marseille, dont certains depuis deux ans, selon la même source proche du dossier. De son côté, la Côte d’Or connaît le même genre de situation poussant Le Bien public à rédiger un article sur «la «détresse des «fissurés de la sécheresse» tandis que dans l’Ain France 3 alerte sur l’existence «de maisons fissurées par centaine». Dans la région de Nancy, une quarantaine de maisons devraient être détruites dans les deux ans à venir par l’Office métropolitain de l’habitat du Grand Nancy, comme le relate Francetvinfo. Là encore, c’est la sécheresse sur un sol argileux qui est en cause, creusant les fissures apparues il y a trois ans. Dans l’Indre, ce sont 70 dossiers de ce type qui sont déjà recensés. Les spécialistes des fissures ne manqueront pas de travail dans les mois qui viennent.

Source : Le Figaro

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