Des chats trop envahissants à Doullens

le 3 novembre 2017

Des habitants de la résidence Lavarenne dénoncent une prolifération de chats errants qui seraient nourris par une riveraine. Mairie et syndicat de copropriété se renvoient la balle.

Depuis quelques mois, des chats ont élu résidence dans les espaces verts de logements, place Lavarenne. Les riverains se plaignent des dégâts causés et mettent en cause une voisine qui les nourrit et les incite donc à rester.

Ils n’en peuvent plus. Traces de pattes et rayures sur les voitures, trous dans les espaces verts, déjections, etc. Les habitants de la résidence Lavarenne, à Doullens, se disent envahis de chats sauvages depuis six mois. «  Ils sont agressifs. Nous en avons dénombré huit, mais on redoute l’époque des chaleurs et tout ce qui va avec. Cris, bagarres et petits !  »

« Le problème c’est que tant que des gens les nourriront, on ne pourra pas faire grand-chose. on tourne en rond ! »
Franck Barré, directeur des services de la ville

 

Ils jugent le problème préoccupant d’autant qu’une riveraine extérieure à la résidence semble les nourrir plusieurs fois par jour. «  Elle vient visiter une personne de sa famille et dépose des gamelles de nourriture et d’eau. Nous lui avons déjà demandé d’arrêter. Elle a dit qu’elle le ferait mais elle continue !  » Le résultat est sans appel : les félins passent une grande partie de leur journée à « squatter » les espaces verts de la résidence divisée en deux bâtiments. Sans compter les fois où ils sont entrés dans les parties communes, voire dans des appartements.

Pour tenter de stopper cette prolifération, les habitants du site, propriétaires et locataires, ont envoyé des courriers à la Sergic, leur syndicat de copropriété. Notamment l’un, daté du 29 août, accompagné d’une pétition signée par une vingtaine d’entre eux, sur les 32 logements qu’elle compte. Une tentative du côté de la police municipale a bien été aussi menée. Mais sans suite. «  On m’a expliqué que dans le cas de chiens errants, il y avait moyen d’agir mais pour des chats, la loi n’est pas la même. On ne peut rien faire !  », soupire une poignée de résidents.

L’association Rose et la municipalité sollicitées

Du côté de la Sergic, on confirme avoir reçu les courriers. Et avoir fait le nécessaire pour lancer des démarches. Notamment auprès de la mairie à qui un courrier a été envoyé. «  Le fait est que ce problème n’est pas propre à la résidence, assure Adil Abdoune, gestionnaire de copropriété à la Sergic, en charge des bâtiments de Lavarenne. C’est une problématique plus globale sur l’ensemble de la commune. Nous savons pertinemment qu’une intervention localisée sur la résidence reviendrait à mettre un pansement sur une plaie.  » L’association doullennaise Rose, qui recueille, nourrit, fait stériliser et propose à l’adoption les chats abandonnés a également été sollicitée.

La municipalité quant à elle explique avoir un contrat avec la SACPA, service de fourrière spécialisé dans l’assistance des collectivités, qui doit donc gérer la gestion des chiens et chats errants. «  Mais il y a un vrai souci avec les chats, note Franck Barré, directeur général des services. Car à partir du moment où les animaux sont nourris, on estime qu’ils ne sont pas errants et il n’y a donc pas d’intervention.  » Et de l’aveu du DGS de la ville, le cas de la résidence Lavarenne st loin d’être isolé. Plusieurs quartiers seraient confrontés à la même situation. «  Tant que des gens les nourriront, on ne pourra pas faire grand-chose. on tourne en rond !  »

«La stérilisation serait la solution à tous les problèmes»

Contactée, la Scapa est claire sur la question des chats errants : la législation est différente lorsqu’il est question d’un ou deux chats et d’une colonie de plusieurs individus (article L 211-27 du Code rural). «  Lorsqu’il s’agit d’un groupe de chats, le maire peut demander une intervention afin qu’ils soient capturés, stérilisés et relâchés, explique Albane

Perrault, chargée de l’éthique et des chats libres à la Scapa. Ils ne sont pas mis en fourrière, car si quelqu’un continue de mettre de la nourriture, d’autres viendront, et surtout les associations ne peuvent pas les prendre en charge car elles seraient trop vite débordées. La seule solution serait alors l’euthanasie, mais nous ne sommes pas là pour ça !  » Pour la spécialiste, dans le cas précis de la résidence Lavarenne, il n’y a pas 50 possibilités. «  La stérilisation serait la solution à tous les problèmes. » D’abord, elle éviterait que d’autres chats s’installent. Puis elle stopperait les risques de bagarre, de reproduction, de marquage urinaire et de propagation de maladies. «  Ce serait l’idéal pour le bien-être des animaux et des habitants, précise-t-elle, mais c’est au maire de décider.  » Quant au fait qu’ils soient nourris, Albane Perrault y voit plutôt une bonne chose qu’un problème en plus : «  Cela évite qu’ils n’aillent plus loin et gênent donc encore plus de personnes.  » Mais une stérilisation est indispensable pour endiguer le problème. D’autant qu’il pourrait vite devenir critique. «  Une chatte peut avoir entre 4 et 8 chatons par portée et plusieurs portées par an, indique Albane Perrault. S’ils sont déjà huit adultes et qu’il y a des femelles, dans six mois, ils pourraient être beaucoup plus nombreux !  »

Source : Le Courrier Picard

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