Chauffage : difficile de mesurer l’énergie économisée dans le logement

le 7 mars 2018

La rénovation énergétique a le vent en poupe. Même si ses résultats concrets ne sont pas encore totalement établis en ce qui concerne la baisse de la facture de chauffage des particuliers.

Chauffage : difficile de mesurer l'énergie économisée dans le logement

L’ampoule basse tension est à la base des économies d’énergie dans la maison. / Photo DDM, JM Mazet, illustration.

Pour le DAL (association pour le droit au logement), c’est la routine. En novembre, les militants pour le droit au logement faisaient pression sur Toulouse Métropole Habitat pour obtenir des travaux d’isolation thermique dans un immeuble du secteur des Pradettes où les résidents commençaient à se geler à l’approche de l’hiver. Ce matin, c’est devant les locaux du bailleur HLM promologis qu’ils manifestent au nom de deux familles de locataires logées dans des conditions précaires et pour l’une en précarité énergétique. Ce qui, selon le DAL est le cas des 12,2 millions de personnes en France qui dépensent plus de 10 % de leur budget pour se chauffer.

Le plan national de rénovation énergétique de l’habitat (PREH), fixe à 500 000 depuis 2013 le nombre des logements à rénover chaque année . A l’échelle de la région cela se traduit par 52 000 rénovations par an jusqu’en 2030 puis 75 000 ensuite. Avec un coût moyen d’environ 4 600 € par foyer, les travaux réalisés sont une aubaine pour les artisans. Mais leur impact réel sur la consommation d’énergie reste en revanche difficile à évaluer avec précision. Mandaté par l’État et la région pour mettre en place un observatoire des coûts de la rénovation énergétique dans le cadre du plan de rénovation énergétique de l’habitat, la société Envirobat, n’est pas pour le moment en mesure d’affirmer que le bénéfice des travaux entrepris pour isoler un appartement ou une maison, est réellement à la hauteur des économies d’énergie escomptées. Classés en trois catégories les bénéficiaires de ces travaux se répartissent entre ceux qui vivent plus confortablement sans économiser d’énergie : «ce sont les ménages qui se privaient de chauffage et qui depuis que leur logement est mieux isolée y maintiennent la température autour de 20 ou 21°», explique-t-on chez Envirobat. Dans beaucoup de cas l’entreprise constate également que le ratio travaux/économie se solde par un jeu à sommes nulles. Car les gains enregistrés à la suite des travaux sont absorbés par l’augmentation des prix du kilowatt/heure et des taxes. Enfin, ils existent quand même : certains réalisent de vraies économies d’énergie à la suite des travaux. Mais le lien est loin d’être systématique entre le passage des artisans et la baisse de la facture de chauffage.

Source : La Dépèche

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