Comment Brive entend rénover l’habitat ancien et repeupler son centre-ville

le 1 avril 2019

L’enjeu pour Brive est de repeupler son centre-ville en incitant les particuliers, propriétaires bailleurs, à rénover leurs logements. Une lutte contre la vacance qui porte ses fruits grâce aux aides notamment de l’OPAH.

Comment Brive entend rénover l'habitat ancien et repeupler son centre-ville

Le 15 boulevard Liautey a été rénové grâce aux aides de l’OPAH. En rez-de-chaussée, un pas de porte commercial, à l’étage un appartement refait à neuf. © Stéphanie Para

L’opération programmée d’amélioration de l’habitat (OPAH) lancée depuis un an porte ses fruits à Brive. On vous explique pourquoi et comment.

1. Quelles ambitions en matière d’habitat ?

« La stratégie est de remettre de l’habitant dans la ville, explique le maire Frédéric Soulier. Selon le principe, je réside, donc je consomme ».

Un enjeu de taille avec la réhabilitation de certains habitats insalubres et de remise sur le marché d’environ 300 logements vacants.
La Ville s’est dotée de tous les outils techniques, administratifs et fiscaux pour soutenir ce renouvellement urbain. « Nous sommes dans une phase opérationnelle depuis un an », calcule le maire.
L’OPAH permet d’aider les propriétaires, bailleurs ou occupants, à améliorer leur habitat via des aides et subventions. En un an, 90 dossiers ont été engagés dont 24 sur les logements vacants, et 66 sur les logements occupés.

2. Un premier exemple significatif au 15 boulevard Liautey

Une réhabilitation rendue possible au 15 bd Liautey avec les aides de l’OPAH. photo stephanie para.
Au 15 boulevard Liautey, le bâtiment qui fait angle avec la rue Herriot a trouvé un nouvel éclat. Mathieu Langlois et Benoît Bancourt en sont les artisans. Ces deux Brivistes se connaissaient de par leurs activités. Le premier est conseiller en gestion de patrimoine, le second agent immobilier. Il a créé son agence début 2019. Les deux cherchaient des locaux pour implanter leur société. Ils ont eu connaissance de cet immeuble, une ancienne sellerie appartenant à la famille Nadal, fermée depuis longtemps. Ces deux trentenaires ont tout de suite vu le bon emplacement associé à la mue du quartier qui accueillera prochainement la halle alimentaire. Les deux investisseurs ont acheté l’immeuble pour y implanter leurs sociétés et ils ont revendu l’étage à un investisseur dans un but de défiscalisation. Lequel a fait une bonne opération avec l’OPAH-RU en étant l’un des premiers bailleurs sur Brive à pouvoir bénéficier des aides.

« 50 % du montant des travaux a été subventionné sur un plafond de 80.000 € HT », explique Mathieu Langlois.

Gagnant-gagnant

Une opération gagnant-gagnant. Gagnant pour le locataire qui va disposer d’un appartement de standing de 100 m2 en duplex avec parquet ancien, poutres apparentes et performances acoustiques et thermiques à un prix maximum de 6 € le m2 « ce qui est en dessous du prix des loyers du marché de Brive ».
Gagnant pour le bailleur donc qui, outre les aides à la rénovation, va bénéficier d’abattements fiscaux sur les loyers et se constituer un patrimoine. En contrepartie, il doit louer son bien pendant au moins 9 ans. Gagnant pour la Ville qui, avec du locatif rénové, peut espérer « repeupler » le centre-ville, attirer des ménages et de la consommation.

3. Quelles aides pour quels travaux??

Tout dépend de ce que veut faire le propriétaire occupant ou bailleur. Il existe plusieurs dispositifs comme la loi Malraux ou la loi Denormandie (à laquelle Brive est éligible dans le cadre des 222 communes retenues pour l’action Cœur de ville) qui permet de défiscaliser sur de l’ancien à condition de louer 6, 9 ou 12 ans. Un propriétaire peut être éligible à plusieurs aides. Pour s’y retrouver, il peut s’adresser à un guichet unique, la Maison de l’urbanisme et de l’Habitat, à la CCI, qui accompagnera le propriétaire dans ses démarches.

Appartements au 29 rue Toulzac. La rue Toulzac, rue commerçante, présente une particularité. Autrefois les commerçants avaient leur boutique au rez-de-chaussée et vivaient au-dessus. « Il faut aujourd’hui reconfigurer avec des entrées différentes pour accéder aux étages et aux logements », indique Frédéric Soulier. Un projet privé est en cours au 29 avec des aides au ravalement de la façade et la création de deux appartements, jusque-là vacants et très dégradés, au 2e et 3e étage.

Laetitia Soulier

Source : La Montagne

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