Comment l’Etat et les villes recyclent leurs bâtiments publics

le 19 juin 2017
Assemblage de la verrière sur le chantier de l'ancien hôtel-Dieu de Lyon, en cours de transformation par Eiffage Immobilier.

Vincent Ramet

Ce patrimoine coûteux à entretenir offre des opportunités uniques. Le secteur privé investit lourdement pour les transformer en lieux attractifs.

Dormir en prison ou à l’église, dîner dans une salle d’audience, se faire masser dans une cellule, habiter à l’hôpital… Il n’y a plus guère de tabous en matière de changement d’usage des anciens lieux publics. La source de revenus n’est pas négligeable pour l’Etat et les collectivités.

Vendre ces bâtiments ou les confier à des promoteurs et des investisseurs pour des baux de 50 à 99 ans permet surtout de remettre en valeur ces lieux magnifiques, chargés d’histoire mais fermés depuis des années et souvent en ruines, faute de moyens. Ils sont souvent des symboles importants pour les villes : des habitants y sont nés, y ont été soignés, y ont travaillé… Et, aussi, sont susceptibles de créer de nouveaux pôles touristiques, à l’instar des futures Cités de la gastronomie à Lyon et à Dijon.

Normes thermiques, acoustiques, énergétiques

Les candidats ne manquent pas pour se lancer dans ces longs chantiers à plusieurs centaines de millions d’euros. Car ces bâtiments remarquables sont, presque toujours, idéalement situés en centre-ville, sur de grandes emprises foncières. Parfaits pour accueillir de grands hôtels, dont l’attrait sera encore renforcé par les vieilles pierres.

Altarea-Cogedim a ainsi transformé l’ancien palais de justice de Nantes en Radisson, et l’ancien hôtel-Dieu de Marseille situé sur le Vieux-Port en un palace 5 étoiles géré par Intercontinental. La chaîne exploitera aussi l’ancien hôtel-Dieu de Lyon (lire ci-dessous), en cours de transformation par Eiffage Immobilier. En site classé, le pari n’est pas sans risques : « On ne parle pas d’aléas de chantier comme dans la construction neuve, pour ce genre de transformation, on sait que l’on aura de toute façon des surprises et on connaît les limites de chiffrage des marchés », explique Edouard Dubost, directeur de Pradeau Morin, la filiale d’Eiffage spécialisée dans les rénovations de bâtiments historiques en Ile-de-France.

Il n’est pas rare de trouver des ossuaires sous les hôpitaux, des fresques enterrées lors de précédentes rénovations, il faut alors laisser la place aux archéologues… et patienter.

Source : Les Echos

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