Comment réduire ses charges de copropriété

le 25 février 2019

LE PARISIEN WEEK-END. Les charges des logements collectifs augmentent régulièrement. Des démarches simples permettent pourtant d’alléger la facture.

Comment réduire ses charges de copropriété

Thomas Baas pour Le Parisien Week-End

Entre 2007 et 2017, les charges de copropriété se sont envolées de 37,4 %, selon l’observatoire de l’Association des responsables de copropriété (Arc). En cause notamment, l’augmentation des primes d’assurance, les frais de gestion des syndics ou encore les factures de chauffage et d’eau courante.

Cette flambée des tarifs peut néanmoins être maîtrisée si les principaux postes de dépenses de votre immeuble sont réévalués.

Changer de prestataire pour le chauffage collectif

Parmi les chantiers prioritaires, il y a le contrôle du chauffage collectif. Il représente près de 30 % des dépenses des lotissements. « Les tarifs du gaz et de l’électricité ont augmenté, c’est un fait, mais surveiller la consommation annuelle de la copropriété reste indispensable », souligne Edouard-Jean Clouet, président de MeilleureCopro, qui aide les lotissements à réduire leurs charges.

Pour commencer, il faut s’assurer que l’immeuble n’est pas surchauffé. Au-delà de 19 °C, chaque degré supplémentaire augmente de 7 % la facture, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. « De plus, il faut vérifier que la puissance de l’abonnement soit bien adaptée aux besoins de la copropriété », ajoute notre expert.

Changer de fournisseur de gaz, enfin, peut sérieusement raboter la note. En s’adressant à un nouveau prestataire, une copropriété parisienne de 50 lots a ainsi diminué ses dépenses de 33 % par an, ramenant sa facture de 30 000 euros à 20 000 euros. Certains courtiers, comme Be Energiz ou Place des énergies peuvent vous aider à sauter le pas.

Installer un compteur d’eau individuel

La consommation d’eau chaude et froide ne doit normalement pas dépasser 40 mètres cubes par an et par personne, selon l’Arc. Quant à celle des parties communes, elle doit représenter environ 5 % de la consommation totale des habitants. Si ce ratio est supérieur, il est possible qu’il y ait des fuites ou du gaspillage dans l’immeuble. « Pour éviter cela et sensibiliser les habitants, il peut être judicieux de faire poser des compteurs individuels permettant de suivre la consommation par télérelevé », conseille Edouard-Jean Clouet. Un tel équipement coûte environ 20 euros par an et par lot.

Revoir les frais de syndic et les contrats d’assurance

Les frais de gestion facturés par les syndics ont également augmenté. Les petites copropriétés ont tout intérêt à désigner un copropriétaire motivé comme syndic bénévole. Car, avec un syndic professionnel, la facture grimpe vite.

Les honoraires de syndics professionnels concernant les copropriétés de moins de 10 lots atteignent en moyenne, à Paris, 419 euros par lot d’habitation en 2018, contre 304 euros à Lyon, selon l’étude réalisée par le courtier en syndic Syneval. Au-delà de 100 lots, ces frais s’élèvent à 207 euros à Paris, et 186 euros à Lyon. Comparez les offres en négociant les tarifs ou faites appel à un courtier en syndic.

La mise en concurrence est aussi essentielle pour les contrats d’entretien des parties communes (ascenseur, ménage…), qui doivent être révisés au minimum tous les cinq ans, mais aussi pour les contrats d’assurance, dont les primes ont explosé. « Nous aidons les copropriétaires à comparer les tarifs à garanties équivalentes, ce qui n’est pas toujours simple à réaliser seul », relève notre expert.

Rien qu’en changeant de compagnie, une copropriété de 14 lots située à Toulouse, par exemple, a pu réduire sa prime annuelle de 62 % tout en conservant la même protection. Gardez cependant à l’esprit que souscrire un nouveau contrat se prévoit trois ou quatre mois en amont, le temps de faire établir plusieurs devis et de mettre cette mesure à l’ordre du jour de l’assemblée générale.

UNE RÉSIDENCE DOIT DÉSORMAIS ÊTRE IMMATRICULÉE

  • Votre immeuble est-il bien immatriculé au registre national des copropriétés ? Toute résidence d’au moins un lot devait effectuer cette démarche avant le 31 décembre 2018, en vertu de la loi Alur du 24 mars 2014.
  • Si ce n’est pas le cas et s’il ne procède pas à l’immatriculation dans un délai d’un mois après avoir été mis en demeure, votre syndic risque d’être contraint à verser une astreinte de 20 euros par lot et par semaine de retard.
  • Les retardataires peuvent encore régulariser leur situation en ligne, en créant un compte sur Registrecoproprietes. gouv.fr. C’est en principe au syndic, professionnel ou bénévole, de s’en charger, et au notaire si l’immeuble est neuf.
  • Fin 2018, seules 310 189 copropriétés étaient immatriculées sur les 600 000 que compterait la France, selon MeilleureCopro.

Source : Le Parisien

 

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