Copropriétaires, la Ville de Paris vous invite à dire adieu au fioul

le 15 mars 2019

L’Agence Parisienne du Climat lance une opération de sensibilisation pour inciter les copropriétés à abandonner le chauffage au fioul. 50 000 logements sont concernés.

Copropriétaires, la Ville de Paris vous invite à dire adieu au fioul

Illustration. La Ville de Paris incite les copropriétés à abandonner le fioul, un mode de chauffage polluant et cher. IP3 PRESS/MAXPPP

Il coûte cher, il pue, il pollue… Le fioul domestique a été rhabillé pour l’hiver, ce mardi à la « maison des acteurs du Paris durable ». L’Agence Parisienne du Climat (l’APC, association créée par la Ville pour mettre en oeuvre la transition énergétique) y a présenté son plan d’action pour inciter les copropriétés privées à abandonner (rapidement) ce combustible fossile et à passer à des énergies plus « vertueuses » pour le chauffage des logements.

L’objectif – qui a été inscrit dans le nouveau plan climat-air-énergie approuvé par le Conseil de Paris l’an dernier – est d’aboutir à une capitale « zéro fioul » d’ici à 2030. Et pour l’instant, on en est encore loin. Selon les experts de l’APC, qui ont réalisé une étude exhaustive sur les modes de chauffage dans le parc privé, près de 1 500 copropriétés, sur les 46 000 que compte la capitale, sont encore chauffées au fioul.

Majoritairement dans l’ouest parisien

Ce chiffre correspond à un total de près de 50 000 logements, majoritairement situés dans l’ouest parisien (XVe, XVIe, XVIIe) où les immeubles construits durant les Trente Glorieuses, période faste du chauffage au fioul, sont sur-représentés.

Ces logements ne représentent « que » 5 % du parc immobilier privé de la capitale. « Mais le fioul est, à lui seul, responsable de 8 % des émissions de gaz à effet de serre et de 10 % des émissions de dioxyde d’azote », rappelle Frédéric Delhommeau, responsable du dossier à l’APC.

16% plus cher que le gaz

« L’étude qualitative que nous avons menée nous a permis d’élaborer une méthodologie de sensibilisation des copropriétaires et des syndics au changement de combustible », enchaîne Anne Girault, directrice générale de l’Agence du climat. Les principaux « freins » à cette transition énergétique sont connus : il y a d’abord la réticence des copropriétaires à changer des équipements en apparence pas encore en fin de vie ; leur manque de connaissances techniques pour se répérer dans le maquis des aides financières ou encore le coût « dissuasif » des investissements.

« Mais les leviers pour accélérer la transition sont connus aussi », soulignent les responsables de l’agence du climat qui viennent d’éditer une plaquette listant les « bonnes raisons de quitter le fioul ». La première étant son prix fluctuant et 16 % plus élevé que celui du gaz.

« La clé, c’est l’accompagnement, pour monter des dossiers, obtenir des aides… », insiste Anne Girault, qui rappelle que la plate-forme Internet de l’agence (coachcopro.com) permet d’accéder facilement et gratuitement à des dispositifs de conseil pour sortir du fioul.

« L’INVESTISSEMENT A ETE RENTABILISE EN 3 ANS »

« Les copropriétaires ne le disent pas… Mais maintenant, ils sont très contents. » Jean-Pierre Chaussade résume par un trait d’humour la conclusion satisfaisante de ses longues démarches pour la rénovation énergétique de son immeuble. Président de la copropriété d’une résidence d’une quarantaine de logements dans la rue Chardon-Lagache, située dans le XVIe (construite dans les années 1950 et chauffée au fioul), il a travaillé pendant plus d’un an au dossier « changement de chaudière » mais ne le regrette pas.

« Nous avons été en contact avec l’Agence parisienne du climat mais aussi avec un bureau d’étude pour monter un dossier complet avec étude de marché, cahier des charges et appel d’offres… », explique-t-il en rappelant que la copropriété a opté pour une chaudière gaz. « Le raccordement au réseau de la CPCU (qui utilise entre autres la géothermie) à 400 m de l’immeuble aurait été trop cher. »

« Le point fort de notre dossier, poursuit-il, c’est d’avoir réussi à intégrer les certificats d’économie d’énergie (NDLR : un système complexe de compensations financières des investissements énergétiques) dans nos appels offres. Nous avons reçu les aides dès le lancement des travaux et pas un ou deux ans après ! »

Résultat : l’installation de la nouvelle chaudière, normalement facturée 80 000€, est revenue à 60 000€. Et l’année suivante, les charges de chauffage de l’immeuble sont passées de 40 000 à 20 000€. « On a rentabilisé notre investissement en 3 ans », conclut-il.

Source : Le Parisien

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