Copropriété. À 91 ans, elle se bat pour un monte-escalier

le 17 décembre 2018

Face au refus de copropriétaires, une dame de 91 ans se bat pour faire installer un monte-escalier dans son immeuble de la cité Kerguélen.

Copropriété. À 91 ans, elle se bat pour un monte-escalier

Mme Grillet-Aubert aux côtés de sa fille Anne et entourée de membres du comité de soutien.

« Leur refus est incompréhensible, irrationnel et absurde ! » Les membres du comité de soutien à Yvette Grillet-Aubert n’ont pas de mots assez forts pour exprimer leur émoi face à l’attitude de copropriétaires opposés à l’installation d’un monte-escalier qui faciliterait les déplacements de cette dame de 91 ans. Locataire depuis 56 ans d’un appartement au 3e étage d’un immeuble situé cité Kerguélen, elle est parfaitement autonome mais a des difficultés, en raison de son grand âge, à monter les escaliers. L’immeuble comprend deux cages d’escalier et la solution la plus adaptée est d’envisager cet équipement. Plusieurs entreprises ont été contactées et ont attesté de la faisabilité et de la simplicité d’un tel aménagement que Mme Grillet-Aubert a proposé de prendre entièrement à sa charge. Il lui faut cependant l’accord de la copropriété qui a été sollicité lors d’une assemblée générale extraordinaire convoquée, à la demande de plusieurs voisins, en octobre 2017. Les voisins, copropriétaires des appartements de la même cage d’escalier, y sont favorables mais minoritaires. Le problème, c’est que les autres copropriétaires, majoritaires, qui, pour la plupart, n’habitent pas l’immeuble ni même la ville, ont rejeté le projet en arguant de nuisances sonores.

« Un problème de société »

En désespoir de cause, Mme Grillet-Aubert a demandé le soutien de ses amis et de ses concitoyens. Une pétition a été lancée et a permis de recueillir 400 signatures en deux mois mais le projet, évoqué le 25 octobre dernier, en assemblée générale s’est heurté à un nouveau refus. Ses proches ont alors décidé de créer un comité de soutien pour alerter l’opinion publique sur cette situation qui condamne, à terme, cette vieille dame à un isolement social. « J’espère ne pas en faire une lutte personnelle mais un problème de société qui sera évoqué auprès des élus », tient à préciser la vieille dame. Appréciée de tous, elle force le respect en continuant à faire ses courses à pied au centre-ville mais a dû installer une chaise à chaque étage pour pouvoir souffler.


Défendre l’accessibilité de tous

« Ce qui est scandaleux, c’est qu’il y a une carence juridique. On ne peut pas contraindre des copropriétaires mais ils abusent de ce plein droit pour prendre une décision proprement indigne », soulève une des membres du comité de soutien, par ailleurs directrice de services sociaux. « On a alerté les élus, sénateurs et députés. Il suffirait d’un amendement à la loi et cela va dans le sens de l’évolution de la législation qui est d’assouplir les relations entre locataires et copropriétaires », plaide sa fille Anne Grillet-Aubert, architecte, qui souligne par ailleurs les contradictions entre la situation de sa mère et les efforts de la société pour améliorer l’accessibilité de l’environnement bâti aux personnes à mobilité réduite. Et ce, dans un contexte où le maintien à domicile souhaité par la majorité des personnes vieillissantes est encouragé. « Le plus longtemps possible on reste à domicile, le mieux on se porte, accompagné bien évidemment », abonde Armelle Huruguen, vice-présidente du conseil départemental, aussi à ses côtés dans ce combat qui pourrait servir à d’autres.

Source : Le Télégramme

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