Copropriétés : critiqués par le gouvernement, les syndics sont sur la défensive

le 29 mars 2019

Les principaux syndics de copropriétés n’ont pas apprécié les récentes déclarations d’Edouard Philippe qui a regretté le manque de concurrence dans ce secteur et le niveau des tarifs appliqués. La Fnaim et l’Unis dénoncent « un procès en règle ».

Copropriétés : critiqués par le gouvernement, les syndics sont sur la défensive

Copropriétés : critiqués par le gouvernement, les syndics sont sur la défensive

Les syndics de copropriété sont sur la défensive. Déjà pris pour cible par les associations de consommateurs pour leurs frais élevés et leur fonctionnement opaque, ils sont désormais critiqués au plus haut niveau du gouvernement.

Début mars, Edouard Philippe les a mis en garde à l’occasion du dixième anniversaire de l’Autorité de la concurrence, promettant des mesures pour accentuer leur mise en concurrence et contribuer à la baisse des prix. « J’étais surpris, je me suis demandé pourquoi taper sur ce secteur : le Premier ministre parle sans savoir », s’agace ainsi auprès de l’AFP Philippe Salle, président de Foncia, l’un des principaux groupes français du secteur.

Difficile de comparer les offres selon Edouard Philippe

« Dans les faits, on ne change pas beaucoup de syndics parce qu’il est difficile de comprendre et comparer les offres », avait accusé Edouard Philippe.

Les critiques du Premier ministre font écho à des prises de position récurrentes des principaux organismes de défense des consommateurs. Dans un sondage réalisé en 2017, la CLCV indiquait ainsi que moins de la moitié des copropriétaires étaient satisfaits de leurs syndics.

Les syndics vent debout

Il y a deux ans, l’UFC-Que Choisir avait aussi accusé les cinq plus gros syndics de France, qui se partagent près de trois quarts du marché, de faire preuve d’une « grande ingéniosité » pour imposer des tarifs abusifs, dans une étude publiée avec l’Association des responsables de copropriété (ARC).

En ciblant les syndics, M. Philippe s’inscrit donc dans un mouvement à long terme, d’autant que des mesures avaient déjà été prises sous le précédent quinquennat pour rendre le secteur plus transparent. « Décidément, les gouvernements se suivent, mais les critiques ne varient guère », ont réagi, dans un rare communiqué commun, les deux principales organisations d’intermédiaires immobiliers, la Fnaim et l’Unis, dénonçant « un procès en règle ».

La mise en concurrence ne fonctionne pas

Théoriquement devenue obligatoire, la mise en concurrence régulière des syndics fait souvent l’objet d’un renoncement par les copropriétaires tandis que, selon un bilan fait en 2017 par la Répression des fraudes (DGCRRF), le contrat unique, imposé à l’époque pour favoriser la comparaison des prestations, est mal respecté dans plus de 40% des cas.

Celui-ci est trop complexe et inadapté, répliquent la Fnaim et l’Unis, ajoutant que si la mise en concurrence ne fonctionne pas, c’est simplement le reflet de la volonté des propriétaires.

« C’est un peu facile de nous taper dessus », estime Philippe Salle, reconnaissant que « les relations propriétaires-syndics sont mauvaises partout dans la profession ».

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