C’est la fin d’une longue bataille juridique entre Enedis et les copropriétés. Dans le cadre de la loi Elan, définitivement adoptée au Sénat le 16 octobre dernier, Enedis se voit désormais confier la responsabilité des colonnes montantes, ces conduits qui permettent d’acheminer l’électricité aux différents étages des immeubles. Ce sujet est loin d’être anodin, tant la question de la propriété, et donc de l’entretien de ces conduits, a suscité de litiges ces dernières années. Sur les quelque 1,6 million de colonnes montantes recensées, 800.000 se trouvaient hors concession et n’étaient donc pas sous la responsabilité d’Enedis (ex-ERDF). Le gestionnaire de réseau et les copropriétaires se renvoyaient donc la responsabilité de la gestion de ces installations électriques par tribunaux interposés. “Rien que depuis 2013, on recense 30 à 40 procès”, constate Jean Gaubert, le médiateur de l’énergie.

Face à ce flou juridique, un nombre croissant de colonnes se sont ainsi retrouvées dans un état de vétusté avancée, pouvant être à l’origine de coupures intempestives, voire dans les cas extrêmes de risques d’incendie. Un rapport gouvernemental de 2015 avançait le chiffre de 300.000 colonnes obsolètes, même s’il n’existe en réalité pas d’études précises sur la question. Ce même rapport faisait état d’un montant prévisionnel de travaux de 6 milliards d’euros.