Copropriétés / Pour apprendre à gérer

le 8 mai 2019

Des formations pour les copropriétaires sont mises en place par Urbanis, la société de conseil missionnée sur l’habitat dégradé.

Copropriétés / Pour apprendre à gérer

Arrière d’une copropriété dégradée de la rue Péri.

Pourquoi autant de propriétés dégradées à Saint-Denis ? Entre autres réponses à cette question, il en est une, importante entre toutes, à laquelle la société de conseil Urbanis a entrepris de se colleter. « Les copropriétaires méconnaissent leur rôle, et surtout celui du conseil syndical. Ils laissent faire le syndic. Pour certains, c’est même lui le patron», observe Rezak Khecha, directeur de projet à Urbanis, qui met en place des ateliers de formation. Au nombre d’une dizaine, dimensionnés chacun sur deux heures et pour une vingtaine de personnes, ces ateliers viennent compléter la mission première d’Urbanis. Celle d’accompagner dans leur redressement 45 copropriétés parmi les plus dégradées du centre-ville dans le cadre de l’OPAH (Opération programmée d’amélioration de l’habitat) signée pour cinq ans par Plaine Commune et par l’État.

« On part des besoins, de ce que les gens expriment », reprend M. Khecha. Il prévoit donc entre autres thèmes d’informer sur le rôle de chacun dans une copropriété, en expliquant la fonction de l’assemblée générale annuelle, souvent désertée alors qu’elle « décide de tout ». Ou le rôle du conseil syndical des copropriétaires, à qui revient notamment de contrôler au jour le jour le travail de gestion du syndic, prestataire mandaté par l’AG des copropriétaires.

Comment savoir qu’une copropriété « va basculer »

Autres thèmes de grande actualité dans la ville, « les premiers signes de dégradation de la copropriété » (thème du prochain atelier en juin) et la gestion des impayés. « Il y a de nombreux indicateurs à croiser pour savoir si une copropriété va basculer. Elle est d’abord fragilisée par un manque d’entretien sur les réseaux d’eau, tout ce qui touche au clos et au couvert. » Fuites, infiltrations, « il faut alerter de tout problème d’humidité dans les logements ». M. Khecha souligne à cet égard l’intérêt de cet outil méconnu qu’est le carnet d’entretien dont la tenue, en y consignant les travaux et chantiers réalisés, donne une vue de l’état de la copropriété, et des interventions à prévoir. Quant aux impayés, « il ne faut pas les laisser grossir au-delà de deux trimestres », mais en privilégiant la voie amiable.

Échelonnées jusqu’en novembre 2022, où prendra fin le mandat d’Urbanis à Plaine Commune, ces formations, estime M. Khecha, devraient pouvoir être dispensées par d’autres structures, telle l’Unis (Union des syndicats de l’immobilier), ou les associations de l’Arc ou de l’Adil, qui tiennent aujourd’hui permanence, l’une à la Maison de la vie associative, l’autre à la Maison de justice et du droit. « Il est très important de toucher tout le monde, en particulier dans les copropriétés nouvellement livrées, sur les garanties de parfait achèvement et sur le choix du syndic. Il ne faut pas rater le coche sur celles-là. » D’autant qu’on y compte surtout des primo-accédants.

Source : JSD

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