Dans un immeuble, après un orage, les réparateurs font passer l’électricité par la fenêtre !

le 18 septembre 2018

Suite à une panne de courant, une habitante du centre-ville de Nancy ne peut plus fermer sa fenêtre car deux fils électriques passent à travers. Une réparation provisoire… qui dure depuis trois mois.

Dans un immeuble, après un orage, les réparateurs font passer l’électricité par la fenêtre !

Une installation électrique ahurissante avec deux fils qui passent par la fenêtre. Photo C.G.

Le quotidien de Michèle M., une sexagénaire du centre-ville de Nancy, a basculé dans la quatrième dimension le 28 mai dernier. Tout a commencé par un orage en fin de journée. Cela a provoqué une coupure de courant dans son logement situé au troisième étage d’un vieil immeuble de la rue de Serre.

Un technicien d’Enedis vient le lendemain matin et effectue une réparation de fortune pour rétablir le courant. Il branche deux fils dans le compteur, les fait passer par une fenêtre et les raccorde à un câble électrique qui pend le long de la façade extérieure de l’immeuble.

« Potentiellement dangereux »

« Avant de partir, il m’a dit que c’était du provisoire mais aussi que l’installation électrique du bâtiment était vétuste et potentiellement dangereuse. Naïvement, je pensais donc que quelqu’un d’autre allait revenir pour réparer ».

Sauf que cela n’a pas été le cas. Les jours ont passé et Michèle M. n’a rien vu venir. Au bout d’un mois, elle a appelé EDF. « Après plusieurs coups de téléphone, on a fini par me dire que personne ne reviendrait », s’étonne la sexagénaire.

EDF ou plutôt sa filiale Enedis ne peuvent en effet intervenir. Car une réparation passe par une remise aux normes de la « colonne montante ». Un terme technique qui désigne, très prosaïquement, le fameux câble qui pendouille dangereusement le long de la façade arrière et sur lequel s’est branché le technicien pour rétablir le courant chez Michèle M.

« Nous avons procédé au dépannage dans les limites de nos possibilités. Mais nous ne pouvons faire plus. Car nous n’avons pas le droit d’intervenir sur la colonne montante. Elle appartient aux propriétaires du bâtiment et c’est à eux de la remettre aux normes », indique Christine Patrois, la directrice d’Enedis dans le 54.

Coûteux et « ubuesque »

Mais jusqu’à présent les copropriétaires de l’immeuble de la rue de Serre se sont parfaitement accommodés d’un câble qui se balade sans précaution sur une façade.

« La quasi-totalité des immeubles des années 30 à Nancy sont dans cette situation-là. Car juridiquement, c’est effectivement aux copropriétaires de faire la remise aux normes sauf qu’ils ne veulent souvent pas le faire car c’est trop cher », explique Olivier Dieudonné, responsable de l’agence Bonnabelle, le syndic qui gère la copropriété de la rue de Serre. Il estime aux environs de 15.000 € le coût des travaux.

« Mais j’attends un devis d’un électricien. Ensuite il faudra convoquer l’assemblée des copropriétaires pour qu’elle donne son accord. Et après, il y a le temps de réalisation des travaux. Tout cela risque d’être très long », précise le responsable du syndic.

En attendant, Michèle M. qui fait partie des copropriétaires, a deux fils électriques qui passent à travers une de ses fenêtres. Fenêtre qu’elle ne peut donc pas fermer. « A chaque averse, il pleut chez moi. Mais le vrai problème, c’est que la température va commencer à baisser et que je vais devoir chauffer… avec une fenêtre ouverte ». Une situation que tout le monde, d’Enedis jusqu’au syndic, s’accorde à trouver « ubuesque ».

Christophe GOBIN

Source : L’Est Républicain

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