Des nouveaux appartements livrés avec des centaines de malfaçons

le 24 juillet 2018

Une centaine de locataires de la résidence Parc Saint Martin à Toulouse ont découvert leurs logements le 30 juin dernier. À leur grand dam, la plupart des appartements comportent des malfaçons.

Des nouveaux appartements livrés avec des centaines de malfaçons

Capri23auto / Pixabay

Pouvoir vivre sous le même toit, dans un logement neuf et agréable, c’était le rêve de Loïc et de sa compagne Stéphanie. Un rêve qui s’est réalisé le 30 juin dernier, mais qui ne s‘est pas passé comme espéré. À leur entrée dans leur nouvel appartement, dans la résidence Parc Saint-Martin, située au 14, rue Marie-Louise Dissard, à Toulouse, les malfaçons de leur «nid d’amour» leur sautent aux yeux. «On s’était dit que nous aurions juste à poser les meubles et que nous allions être tranquilles puisqu’il s’agissait d’un logement neuf, mais en arrivant dans le logement, de la poussière blanche recouvrait le sol, certains murs n’étaient pas peints, d’autres étaient gondolés ou avaient des impacts», raconte Loïc. Une situation que les tourtereaux ne sont pas les seuls à subir. Dans le logement voisin, pendant les premiers jours de leur installation, le petit garçon des nouveaux locataires se blesse légèrement en trébuchant sur une dalle de carrelage mal posée. D’autres pièges menacent : des barrières de protection manquent sur la terrasse. En revanche, on y trouve des outils de maçonnerie et des déchets abandonnés par les artisans. Malgré l’état des appartements, les locataires ont accepté d’emménager n’ayant généralement pas d’autres solutions. «Ils devaient être disponibles beaucoup plus tôt, mais la date a sans cesse été repoussée. Nous avons dû mettre les meubles dans un box à la fin du mois de juin et dormir chez des amis», mentionne Stéphanie.

Face aux critiques, l’agence de location Pure Gestion indique aux locataires que les derniers travaux seront réalisés avant le 20 juillet. «Des artisans tapent à la porte toutes les trente secondes. Certains ont même essayé de rentrer sans frapper», témoigne Loïc. «Ça fait trois semaines qu’il faut être en permanence dans l’appartement, les peintres et électriciens viennent quand ils veulent !», renchérit Maryse Anton, une voisine située dans l’appartement d’en face.

«L’agence et le promoteur jouent les victimes !»

La plupart des locataires ont tenté d’obtenir des explications de la part de leur agence de location, mais celle-ci les renvoie vers le promoteur immobilier. «Aujourd’hui, les deux jouent les victimes ! dénonce Tristan Simon, représentant au sein de Droit au logement (DAL). La loi Élan en favorisant les logements modulables permet ce genre de situations et les encourage.»

L’agence de location n’a pas répondu à nos sollicitations. Quant au promoteur constructeur qui a préféré rester anonyme, il se dit «fou de rage» et s’estime «victime comme les locataires». Il stigmatise l’agence de location qui n’aurait pas dû «mettre les locataires dans les appartements avant la levée de réserves.» «On s’est engagé à reprendre toutes les malfaçons», souligne-t-il, mettant en avant la garantie de parfait achèvement (GPA) qui impose au promoteur d’intervenir pendant un an cas de problème de conception. À la question de savoir pourquoi les artisans ont travaillé de façon aussi peu sérieuse, il évoque la période actuelle qui comprend «beaucoup de constructions», et ajoute que l’artisanat n’est «pas une science exacte».


Repères

Le chiffre : 30

Juin > Entrée dans les appartements. Ce jour-là, une centaine d’occupants emménagent dans des appartements non terminés et en pleins travaux. De nombreux autres locataires qui officient avec d’autres agences de location emménageront en août une fois les travaux achevés.


Une opération menée en VEFA

L’opération immobilière a été menée en VEFA (vente en état futur d’achèvement), également appelée vente sur plan. Lors de la signature, la construction n’a généralement pas démarré. «Une notice descriptive décrit au millimètre ce qui doit être livré», explique le promoteur de la résidence Parc Saint Martin.

Pour Droit au logement 31, ce modèle favorise les dérives. «Les propriétaires avancent l’argent d’une partie de l’achat sans être certains de la bonne construction et finition du logement», dénoncent-ils. Un constat contesté par le promoteur : «Il y a des garanties. Nous sommes obligés de livrer quelque chose conformément à ce qui était prévu. C’est acté chez un notaire. C’est une obligation légale, les acquéreurs sont donc totalement protégés.»

Source : La Dépêche

Ils parlent de nous :

Appelez-nous