Fin du Crédit Foncier : les prêts aux copropriétés maintenus

le 8 février 2019

Au 15 février 2019, les Caisses d’Épargne et les Banques Populaires prendront le relais de la distribution des prêts du Crédit foncier dont l’activité s’arrête. Les professionnels de l’immobilier craignent, à terme, une refonte des offres pénalisante pour le financement des travaux collectifs en copropriété.

Fin du Crédit Foncier : les prêts aux copropriétés maintenus

C’est une épine de moins dans le pied des syndicsCopro 100, le prêt phare du Crédit Foncier pour les travaux des copropriétés (3500 dossiers en 2017) va continuer à être distribué, malgré l’arrêt des propositions commerciales de l’établissement, au 15 février 2019. La filiale de BPCE vient de confirmer, dans une lettre d’information envoyée à ses partenaires financiers que « le transfert des activités vers les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne», annoncé en juin dernier, aura bien lieu selon un calendrier précis.

Continuité des offres

Les copropriétés souhaitant déposer un dossier de crédit peuvent le faire auprès du Crédit Foncier jusqu’au 15 février. À compter de cette date et jusqu’au 1er avril, les demandes de prêts devront être transmises à l’un des deux établissements repreneurs. Au 1er avril 2019, « les particuliers bénéficieront de toute l’offre des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires complétées par des spécificités actuelles du Crédit Foncier», précise le courrier. Selon ce document, cette reprise concernerait l’ensemble de la gamme de l’établissement. Cette affirmation n’a toutefois pas été confirmée officiellement par BPCE. Pour les syndics de copropriété, la continuité de ces offres (comprenant également l’Éco-PTZ Copropriétés et Foncier Copro Avance de subventions) est un soulagement. « Ces prêts déclenchent des opérations qui, faute de financement, n’auraient pas obtenu la majorité nécessaire en assemblée générale», confirme Olivier Safar, président de la commission copropriété de l’Unis (Union des syndicats de l’immobilier).  Afin d’articuler le déploiement de cette gamme en région, une direction des partenariats est créée au sein de BPCE. In fine, la centralisation des dossiers pourrait revenir à la Caisse d’Epargne Ile-de-France, déjà active sur ce segment.

Des produits peu rémunérateurs

Les professionnels craignent toutefois que le transfert de ces activités n’aboutisse à une refonte des conditions d’octroi de crédits. Ces produits, adossés à une coûteuse garantie impayés, sont peu rémunérateurs et les banques disposent de peu de leviers pour augmenter leurs marges. Deux solutions seraient envisagées en interne : un nouveau relèvement du montant minimal d’emprunt, déjà passé de 15 000 à 30 000 euros l’été 2018, ou une baisse des garanties en cas d’impayés. « Modifier ces offres serait une catastrophe. Ce sont aujourd’hui les seules réellement opérationnelles », craint Fatima-Zohar Mekrebi, directrice générale d’Energie Pulse, bureau d’ingénierie financière spécialisé dans l’accompagnement des copropriétés. Peu d’acteurs sont présents sur ce créneau. Domofinance, filiale d’EDF et de BNP Paribas personnel Finances, l’a abandonné l’année dernière en délaissant les prêts collectifs au profit de prêts individuels. La Caisse d’Epargne distribue l’Éco-ptz collectif, mais privilégie aujourd’hui le financement de chantiers lourds dans le cadre d’opérations programmées d’amélioration de l’habitat (OPAH).

Source : Le Figaro

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