Free construit un bâtiment technique sous leurs fenêtres, ils ne décolèrent pas

le 19 février 2018

Rue Marrane, dans le quartier du Moulin-à-Vent, l’opérateur construit “un centre d’optimisation et de gestion de la fibre optique”. Aux premières loges, les copropriétaires de la résidence La Sablonnière tentent de s’opposer à l’opération.

Le chantier a débuté en janvier. Un bâtiment de près de 10 mètres de haut va voir le jour devant la copropriété .

Photo H.P.

« Nous subissons ce chantier comme une agression, ça nous mine depuis l’affichage du permis de construire, en juillet dernier. Il n’y a eu aucune information et encore moins de concertation en amont de la part de la municipalité (1). Le conseil de quartier a été tenu dans l’ignorance… »

Aux 15-17 de la rue Georges-Marrane, au cœur du Moulin-à-Vent, cette habitante de la résidence La Sablonnière ne décolère pas. Tout comme les 32 autres occupants de la petite copropriété, très remontés après avoir découvert que Free, via sa société IRE, allait édifier “un centre d’optimisation et de gestion de la fibre optique”, sous leurs fenêtres.

Un projet d’intérêt collectif ?

Ayant épluché le dossier, Alain Gervais, président du conseil syndical, déroule son argumentation : « Le bâtiment, qui n’est officiellement par un data center (centre de données) mais un “POP” (point de présence opérateur), aura une hauteur de près de 10 mètres et sera situé à 18,50 m de notre immeuble. Il est présenté comme étant d’“intérêt collectif” ce qui permet à Free de s’affranchir des règles du PLU-H (Plan local d’urbanisme et de l’habitat) relatives à l’emprise au sol et à la hauteur. Mais en quoi ce projet est-il d’intérêt collectif, alors que Free investit pour ses clients ? »

Avant de souligner l’impact de la future construction sur l’environnement des résidents : « La nuisance visuelle incontestable s’accompagnera d’une perte de luminosité et d’ensoleillement, notamment pour les logements des étages inférieurs. Dans notre immeuble “tout électrique” et orienté plein sud, les charges de chauffage augmenteront durant l’hiver. En outre, le bâtiment de Free générera inévitablement des nuisances sonores du fait du système de réfrigération avec la présence de ventilateurs, de groupes électrogènes… ».

« Une décote de 30 000 € sur le prix de nos appartements »

Une copropriétaire s’alarme en assurant : « Un notaire a évalué à quelque 30 000 € la décote sur le prix de nos appartements. »

Alain Gervais s’étonne enfin de la conception du projet : « Pour réduire la consommation d’énergie, ce type d’installation est souvent partiellement enterré. Tel n’est pas le cas ici, ce qui est en complète contradiction avec les préconisations de l’Agenda 21 de la ville de Vénissieux. »

Depuis six mois, le conseil syndical a entrepris plusieurs démarches pour stopper l’opération. Sans succès. Après le rejet par la mairie d’un recours gracieux, le juge des référés a retoqué, en janvier, la demande de suspension du chantier qui venait de débuter.

Dépité, Alain Gervais lâche : « Nous sommes désormais dans l’attente du jugement du tribunal administratif que nous avions saisi fin 2017. » Une décision qui ne devrait pas intervenir avant de longs mois, largement le temps pour le bâtiment de Free de prendre forme. « C’est le pot de terre contre le pot de fer », se désolent les copropriétaires.

Source : Le Progrès

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