Fresnes : la rénovation énergétique du Clos la Garenne sert d’exemple à la secrétaire d’Etat

le 3 juin 2019

Emmanuelle Wargon s’est rendue dans cette copropriété où 216 des 978 appartements sont en cours de rénovation énergétique. L’occasion de voir ce qui marche et les points à améliorer.

Fresnes : la rénovation énergétique du Clos la Garenne sert d’exemple à la secrétaire d’Etat

Fresnes, ce mercredi. Emmanuelle Wargon (2e en partant de la droite), secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, s’est rendue au Clos la Garenne pour voir la rénovation énergétique engagée sur plusieurs bâtiments. LP/A.-L. A.

« Alors là, on a mis 14 cm d’épaisseur d’isolant et on a changé 25 % des fenêtres… » Visage tourné vers la façade tachetée d’enduit, Emmanuelle Wargon acquiesce devant les explications du représentant de l’entreprise Socateb.

La secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire s’est rendue ce mercredi au Clos la Garenne à Fresnes, une copropriété de 978 appartements datant de 1959. Deux conseils syndicaux, soit 216 logements, ont voté à 73 et 86 % en faveur d’une rénovation énergétique d’ampleur.

4 millions d’€ de travaux commencés en janvier pour une durée de neuf mois comprenant l’isolation thermique des façades et des toitures-terrasses, le changement de fenêtres en fonction des moyens des copropriétaires, la rénovation de la ventilation, un traitement chromatique pour casser l’effet de barre…

Un exemple à généraliser alors qu’un groupe de travail réunissant trois ministères et tous les acteurs doit se réunir à partir de lundi à Paris sur la question. « Il faut passer à la vitesse supérieure pour rénover les copropriétés, lâche Emmanuelle Wargon. On a besoin de plus d’entreprises qui font le lien, de simplifier les aides pour que ça se fasse plus vite… Venir ici me permet de voir les freins à lever et les angles morts à régler. »

A Fresnes, tout est parti d’un audit énergétique effectué en 2014. « On ressentait le froid l’hiver alors que le chauffage est le premier poste de dépense. Du coup, on s’est renseigné et on s’est lancé », précise Pascal Manat, président du conseil syndical des bâtiments F. Au final : 32 % d’économie d’énergie sont attendues. « Ça sera dilué sur la consommation des 978 logements, mais on va gagner en confort. De toute façon, on devait effectuer les dépenses pour le ravalement », reprend-il.

Les conseils syndicaux se sont fait aider par Ile-de-France Energies, une société d’économie mixte qui appartient à la région, la ville de Paris, le département du Val-de-Marne… « On a fait une étude énergétique, on met en relation les copropriétés avec les entreprises et on apporte des solutions financières », avance Raphaël Claustre, le directeur général.

18 000 € en moyenne par logement

On estime à 18 000 € le montant moyen du ravalement-isolation (hors fenêtres) par logement, mais ce que les gens ont réellement déboursé varie en fonction des différentes aides obtenues et de plusieurs facteurs. Un quart des copropriétaires, soit une cinquantaine de ménages, ont ainsi bénéficié d’une aide de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) pour un montant total de 500 000 €.

Mais les différents acteurs mettent en avant les difficultés rencontrées, notamment le manque d’offres bancaires pour les prêts à zéro % ainsi que la non prise en compte de certains travaux dans les prêts à zéro %, ce qui a par exemple amené une personne à se faire aider par des collègues pour régler 3 000 € manquant… Des points à améliorer selon la secrétaire d’Etat.

375 000 rénovations énergétiques sont actuellement menées selon elle. L’objectif est d’arriver à 500 000 par an.

LA MAIRE INTERPELLE LA MINISTRE SUR LA ZFE ET LA SUPPRESSION DU TRAIN PERPIGNAN-RUNGIS

Si elle salue l’opération de rénovation énergétique du Clos la Garenne et « l’exemplarité de cette opération de valorisation du réseau de chauffage urbain par géothermie dont est dotée la ville de Fresnes », Marie Chavanon (PS), maire de Fresnes, a profité de la venue de la ministre pour attirer son attention sur plusieurs points. « Si l’objectif de la Zone à faible émission (ZFE) (NDLR : zone urbaine dont l’accès est réservé aux véhicules les moins polluants) d’améliorer la qualité de vie des Franciliens est louable, nous considérons pour autant que le développement des transports en commun en Ile-de-France ainsi que les mesures d’aides aux particuliers pour renouveler leur véhicule ne sont pas à la hauteur de l’enjeu », estime l’édile.

L’élue a également fait part de son désaccord face à l’annonce de la suppression du train des primeurs Perpignan-Rungis, ce qui reviendrait à remettre 25 000 camions supplémentaires par an sur l’A86, qui traverse Fresnes. Le gouvernement a décidé de prolonger la ligne au-delà du mois de juin sans plus de précision. Il manque 25 millions d’euros.

Source : Le Parisien

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