Grand Théâtre de Tours : l’immeuble pourrit, personne n’agit

le 8 juillet 2018

Humide à cause d’une fuite dans les canalisations rue Pimbert, le grand bâtiment de l’Opéra continue de se dégrader. Aucune responsabilité n’est engagée.

Grand Théâtre de Tours : l’immeuble pourrit, personne n’agit

Rue Pimbert, les champignons poussent désormais jusqu’en haut de l’immeuble.

Avec les travaux menés en janvier par la Ville pour changer les canalisations percées rue Pimbert et rue Voltaire, la cause d’un problème semble réglée, mais pas ses conséquences. L’état du vaste immeuble de l’Opéra, du moins dans sa partie exposée au nord, rue Pimbert, ne cesse de se dégrader. Par capillarité, les murs suintent, le plâtre s’arrache par plaques entières, du lichen commence à s’étendre, les plinthes pourrissent, les champignons d’abord circonscrits au bas de l’immeuble se développent maintenant jusqu’en haut… D’où des inquiétudes pour la toiture.
L’escalier repose sur des bases humides Plusieurs occupants de l’immeuble, qu’ils y vivent ou y travaillent, peinent parfois à bien respirer, ressentant « quelque chose » dans la gorge. La nécessité d’intervenir a été signalée maintes fois au syndic, Citya, qui a écrit aux habitants le 19 juin : « Les intérêts de votre copropriété sont au cœur de nos préoccupations. Nous assurons son entretien, son amélioration et sa conservation avec les interventions régulières de différents prestataires. »
Sauf qu’il y a urgence : il faut déterminer une responsabilité, prouver que la fuite des canalisations enfouies rue Pimbert a nui au bâtiment, faire jouer les assurances et leurs experts, engager le bras de fer. Autrement dit, y consacrer du temps et de l’argent, le prix de la sécurité.
Si la situation n’était pas dramatique, les propos du syndic amuseraient l’une des propriétaires, Arlette Gauthier, qui, face à l’inertie, fait preuve de beaucoup d’énergie pour tirer toutes les sonnettes d’alarme. Huissier, syndic, mairie : elle se mobilise pour que le nécessaire soit fait. Pour faire arracher le papier peint afin de laisser les murs respirer, le syndic parlait d’un montant de 3.400 €, or, la copropriété en a finalement eu pour 350 €, grâce aux démarches d’Arlette Gauthier. « Voilà deux ans, de nouvelles plinthes ont été posées sur un bâti tout sauf sain. Résultat, aujourd’hui, elles sont toutes pourries, toutes ! Elles s’effritent, du vrai papier à cigarettes… L’escalier menant aux caves s’est déjà effondré au printemps 2016. Faut-il que l’autre connaisse le même sort pour faire le nécessaire ? Il repose sur des bases très fragiles, moisies. » Ces marches, il arrive que des enfants les empruntent lorsqu’ils viennent visiter les ateliers couture de l’Opéra à l’occasion des portes ouvertes. Le personnel de la communication le prend aussi tous les jours. « Maintenant, il n’y a qu’une chose à faire : piqueter les murs, et surtout ne pas les recouvrir, sinon dans deux ou trois ans, la situation ne sera toujours pas réglée. »
Rue Pimbert, il y a péril en la demeure.

Source : La Nouvelle République

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