Habitats indignes : la Seine-Saint-Denis, département francilien le plus touché

le 22 août 2018

Pour lutter contre les logements indignes, la ville d’Aubervilliers a mis en place depuis le début de l’année le permis de louer, rendu obligatoire par la loi Alur.

Habitats indignes : la Seine-Saint-Denis, département francilien le plus touché

Le département de Seine Saint Denis est le plus touché par l’habitat indigne.(Crédits:Pixabay)

L’incendie qui a fait sept blessés graves dimanche à Aubervilliers rappelle à quel point cette ville est sous l’emprise du fléau de l’habitat indigne. Aubervilliers compte 75% de logement privé, dont 42% potentiellement indignes, selon la maire communiste Mériem Derkaoui. Pire: la Seine-Saint-Denis est le département francilien le plus touché: 7,5% des résidences principales privées sont potentiellement indignes, selon les chiffres les plus récents publiés par le ministère du Logement. Suivent Paris (6,5%) et le département du Val d’Oise (3,6%) (voir notre graphique ci-dessous).

Depuis un an, le département a intensifié sa lutte contre les marchands de sommeil, dont plusieurs ont été condamnés récemment à de la prison ferme. C’est le cas notamment d’une famille qui louait des logements insalubres à Aulnay-sous-Bois, Bobigny et Montreuil. Le mois dernier, un psychiatre avait été interdit d’exercer par l’Ordre des médecins pour avoir loué des logements indignes à Saint-Denis.

Le quartier où est survenu l’incendie est concerné par le Programme national de requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD), ces centres-villes souvent investis par des propriétaires qui logent au prix fort et au mépris des règles de sécurité des populations précaires. Aubervilliers a signé cette convention le 17 décembre 2010. Elle a été mise en ?uvre en 2011 et doit prendre fin…cette année. Plus de 60 millions d’euros devaient être engagés, dont près de 20 millions par l’État.

Le projet prévoyait la construction ou la réhabilitation de 364 logements dont un peu moins de la moitié de logements sociaux, après la démolition de 172 logements dans le centre-ville. Manifestement, à en croire la maire d’Aubervilliers, le compte n’y est pas. «C’est un quartier à rénover, qui attend depuis longtemps, déplore Mériem Derkaoui. Nous avons pu avancer par petits bouts, par immeubles, par numéros de rue, mais il faut une transformation globale généralisée de ce type d’habitat pour ne plus vivre le drame que vivent les Albertivillariens depuis hier (dimanche) soir».

Pour lutter contre les logements insalubres, la ville a mis en application au début de l’année le permis de louer qu’autorise la loi Alur. Tout propriétaire privé voulant mettre en location son appartement doit solliciter un permis de louer, délivré par la mairie après inspection du logement. Un bailleur qui n’aurait pas sollicité un permis pour louer son bien s’expose à une amende de 5000 euros, voire 15.000 euros en cas de location d’un bien malgré un avis défavorable.

Source : Boursorama

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