Imbroglio autour de l’immeuble en péril voisin de la Cité des associations

le 20 février 2019

Une propriétaire est mise en demeure par son syndic qui lui reproche de… faire des travaux, dont la mairie avait pourtant la charge. Au 12A, bd Dugommier, tout le monde se tire dans les pattes. Les locataires, eux, reçoivent les balles perdues.

Marseille : une propriétaire poursuivie pour... travaux

La propriétaire de quatre appartements du 12A, bd Dugommier dans le corridor qui mène à l’immeuble, servitude de passage à la charge de la Ville de Marseille. PHOTO M.RI.

À la barre du tribunal de grande instance de Marseille vendredi matin, une propriétaire patiente. Le grief ? Le financement de travaux de rénovation prescrits dans un arrêté de péril. Depuis les effondrements rue d’Aubagne, le cas est inédit.

C’est l’étonnante démarche enclenchée par le Cabinet Fergan, administrateur judiciaire nommé après que le précédent syndic, le cabinet Berthoz, ait passé la main, contre Naïma Benhelal, propriétaire de quatre appartements dans l’immeuble situé au 12A, bd Dugommier (1er). Une décision difficilement compréhensible au vu du nombre de propriétaires qui refusent de faire les travaux. « L’administrateur a découvert la présence d’ouvriers sur les lieux qui effectuaient des travaux sur l’escalier ayant justifié les mesures conservatoires de mise en péril », peut-on lire dans l’assignation. Cherchez l’erreur.

Petit retour en arrière. Au commencement, il y a une cage d’escalier qui menace de s’effondrer. Celle-ci est située au bout d’un corridor et donne à la fois accès à l’immeuble et à la Maison des associations, propriété de la mairie de Marseille, et où, pour l’anecdote, sont servis les repas chauds pour les délogés des taudis marseillais. C’est l’état de cette cage d’escalier qui justifie le péril grave et imminent, et avec lui, l’évacuation des locataires.

Mairie responsable

Or, lors de l’assemblée générale des copropriétaires du 17 mars 2016, une représentante de la Ville de Marseille assure que « les travaux de réhabilitation de la cage d’escalier seront réalisés à l’initiative de la mairie ». Avec le résultat que l’on connaît… Deux ans et demi plus tard, les escaliers menacent toujours, l’arrêté de péril tombe le 17 décembre 2018. Les copropriétaires ont 15 jours pour réaliser les travaux. La municipalité ne bouge pas. Le cabinet Berthoz, lui, refuse d’engager des travaux « faute de fonds, dus à la carence des copropriétaires ».

Naïma Benhelal décide donc de faire réaliser les travaux « pour un montant de 28 000 euros », précise-t-elle, devis à l’appui. « Je fais faire des travaux que je ne devais pas réaliser et je suis poursuivie, vous trouvez ça normal ? », interroge-t-elle avant de lâcher : « ils me mettent le couteau sous la gorge pour récupérer le bâtiment ». Elle assure qu’en 2017, le cabinet Berthoz lui a proposé 380 000 euros pour racheter ses appartements, proposition qu’elle a refusée. « J’accuse le cabinet Fergan et la Ville de laisser pourrir la situation pour racheter l’immeuble à vil prix », s’exclame l’avocat lors de l’audience en référé hier matin, citant Zola.

« On est les dommages collatéraux de cette histoire », se désole Omar, un des locataires évacués qui se dit satisfait de l’état de son appartement. Trois mois qu’il est à l’hôtel. « C’est un crime de mettre les enfants des locataires dans cette situation », lâche-t-il. Hier, une architecte de la Ville de Marseille a été envoyée pour vérifier les travaux. En vue de publier une mainlevée de l’arrêté de péril ? Contactée en fin d’après-midi, la mairie n’a pas donné suite. Il nous a été impossible de joindre le cabinet Fergan, ni le cabinet Berthoz. Le délibéré est attendu le 1er mars.

Source : La Marseillaise

Ils parlent de nous :

Appelez-nous