En mars dernier, SeLoger avait mesuré, pour Capital, la tension immobilière, à savoir le nombre de demandes d’achat par annonce de vente, dans les 25 plus grandes villes de France. Le constat ? La tension immobilière était inférieure à 1 (moins d’une demande par annonce) dans 23 villes, et à peine supérieure à 2 (plus de 2 demandes par annonce) à Lyon et Paris. Or, on considère que les prix sont sur une tendance baissière à six mois quand cet indice est inférieur à 2 et stagneront quand il est compris entre 2 et 3. Ce n’est qu’au-delà de 3 qu’une hausse des prix se profile. D’où notre article « Coup de froid en vue dans presque toutes les grandes villes ».

Cette fois, en calculant le budget de recherche moyen par ville en mai et surtout l’évolution de ce budget depuis le début de l’année, SeLoger a mis en évidence, outre le grand écart des budgets entre les villes en tête et celles en queue du classement, que les acheteurs ont réduit la voilure dans plusieurs villes. Ce qui, là encore, ne milite pas pour une hausse des prix…

>> Les 5 villes où les acheteurs disposent du budget de recherche moyen le plus élevé

Source SeLoger pour Capital

Sans surprise, Paris est, de loin, la ville où les acheteurs disposent du budget de recherche moyen le plus élevé : avec un montant de 654 801 euros, c’est 50% de plus qu’Aix-en-Provence, 80% de mieux que Bordeaux, et près du double de Lyon et Strasbourg.

>> Les 5 villes où les acheteurs disposent du budget de recherche moyen le plus faible

Source SeLoger pour Capital

Les écarts se creusent bien davantage encore quand on descend dans le classement. Par exemple, Le budget moyen des acheteurs parisiens est plus de trois supérieur à celui des Clermontois (21ème position dans le classement) et plus de cinq fois à celui des Stéphanois, bons derniers avec 128 049 euros.

>> Les 5 villes où le budget de recherche moyen a le plus baissé

Source SeLoger pour Capital

Plus inattendu, dans plusieurs villes, les acheteurs ne « veulent » plus ou ne « peuvent » plus investir autant dans la pierre qu’en début d’année. En cinq mois, le budget de recherche moyen a même reculé sensiblement à Villeurbanne (-6%) et Clermont-Ferrand (-7%), où ce budget est pourtant le plus faible des grandes villes. Difficile d’imaginer que les prix vont être sous pression dans ces communes, d’autant que, comme nous l’avons vu, la tension immobilière y est inférieure à 1.

>> Les 5 villes où le budget de recherche moyen a le plus augmenté

Source SeLoger pour Capital

Bien que la tension immobilière y soit aussi inférieure 1, les budgets de recherche ont augmenté depuis le début de l’année dans plusieurs villes, en particulier Grenoble (+5%) et Nîmes (+6%). Cette contradiction apparente (d’un côté, une tension immobilière indiquant que les prix devraient baisser, de l’autre, une augmentation des budgets laissant à penser que les prix pourraient monter) peut s’expliquer : dans ces villes, il a peu d’acheteurs sur le marché et ce sont surtout les acheteurs les moins fortunés qui se sont retirés du marché ces derniers mois.

* Les budgets de recherche moyens ont été calculés à partir des budgets maximum indiqués sur le site SeLoger par les internautes lors de la recherche d’un bien.

Source : Capital