La Défense réclame trente millions d’euros au promoteur des tours Hermitage

le 1 juillet 2018

L’établissement public Paris La Défense s’impatiente de ne pas voir avancer ce projet de tours géantes culminant à 320 mètres, dans les cartons depuis dix ans.

La Défense réclame trente millions d’euros au promoteur des tours Hermitage

Courbevoie-La Défense. Les tours Hermitage Plaza, qui doivent culminer à 320 mètres en bord de Seine, seraient les plus hautes d’Europe de l’ouest, détrônant The Shard (306 mètres) à Londres.

30 millions d’euros. C’est ce que l’établissement public Paris La Défense, aux manettes du quartier d’affaires, réclame au promoteur russe des tours jumelles Hermitage. L’information a été communiquée ce jeudi au conseil d’administration présidé par Patrick Devedjian (LR), patron du département des Hauts-de-Seine. Mais la lettre qui réclame cette somme à Emin Iskenderov a été envoyée il y a déjà plusieurs semaines.

Car dix ans après l’annonce de ce projet pharaonique -les deux gratte-ciel doivent d’élancer à 320 mètres de hauteur, mixant bureaux, logements de luxe, résidence étudiante, hôtellerie, commerces- les travaux ne sont toujours pas commencés, et le montage financier de l’opération reste confidentiel. L’investissement se monte à trois milliards d’euros, financé par des fonds propres, des prêts bancaires (pour 700 M€) et des ventes sur plan de 500 appartements de luxe.

Il y a quelques mois, Emin Iskenderov annonçait qu’il livrerait ses tours pour les JO de 2024. Mais les élus commencent sérieusement à douter.

«Hermitage n’a pas respecté l’échéancier»

« Nous avons des interrogations quant à la capacité du groupe Hermitage à financer et à réaliser ce projet », atteste Marie-Célie Guillaume, directrice générale de l’établissement public Paris La Défense.

Les 30 millions d’euros réclamés découlent, explique-t-elle, des accords successifs entre Hermitage et l’établissement public. « Il est prévu que 30 millions d’euros soient versés par Hermitage, selon un échéancier qui expire le 30 juin 2018. Cette indemnité, qui n’a pas de lien avec la promesse de vente, vient compenser une immobilisation (NDLR : du terrain et du volume à construire) d’une durée anormalement longue, poursuit la directrice générale.

A ce jour, Hermitage aurait dû avoir versé 20 millions, et dix millions supplémentaires au 30 juin. Il n’a pas respecté l’échéancier sur lequel il s’était engagé ; il reporte en permanence les délais ». Marie-Célie Guillaume estime que le Russe a jusqu’à présent « bénéficié d’une mansuétude très exceptionnelle ».

«Nous sommes dans un esprit constructif»

Dans un courrier en date du 22 juin 2018, le groupe Hermitage a quant à lui demandé à l’établissement public de procéder au plus vite à la finalisation de la promesse de vente, comme prévu par le protocole signé en 2010 à Saint-Petersbourg.

« C’est à la signature de la promesse de vente que nous devons verser l’indemnité d’immobilisation de 30 M€, pas avant, assure en substance Emin Iskenderov, PDG du groupe immobilier Hermitage. Mais puisque nous sommes dans un esprit constructif, nous avons proposé à Paris La Défense de mettre ces 30 millions sous séquestre jusqu’à la signature de la promesse de vente ».

La construction des tours jumelles Hermitage nécessite par ailleurs la démolition de 250 logements locatifs des résidences des Damiers. Après de multiples procédures judiciaires, le promoteur a obtenu au printemps l’autorisation d’expulsion des locataires des 17 appartements encore occupés.

Source : Le Parisien

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