La fiscalité trop lourde décourage les candidats à l’investissement locatif

le 21 septembre 2018

La part de logements qui seront achetés pour être loués va baisser de près de deux points en 2018 (de 16% à 14,1%), selon une estimation du Crédit Foncier. Les mesures fiscales imposées par le gouvernement ne sont pas étrangères à cette évolution.

La fiscalité trop lourde décourage les candidats à l’investissement locatif

La part du locatif privé va baisser en 2018 / Crédits photo : SukanPhoto/Shutterstock

Les propriétaires seraient-ils en train de se détourner de l’investissement locatif? Il semblerait que oui, si l’on en croit les derniers chiffres par le Crédit Foncier. Pour l’année 2018, le spécialiste du financement immobilier estime que la part du locatif privé dans le total de logements construits, en France, va passer de 16% en 2017 à 14,1% en 2018. Pour l’heure, il ne s’agit que d’une prévision mais si ce chiffre était confirmé, ce recul marquerait un sacré coup d’arrêt au rattrapage entamé il y a quatre ans. Après avoir chuté de 17,6% à 13,4% entre 2011 et 2013, ce taux avait progressé de 2,6 points durant les quatre années suivantes (de 13,4% en 2013 à 16% en 2017).

Les craintes exprimées en mai dernier par Julien Denormandie semblent donc se confirmer. Face à la pénurie de logements en France, le secrétaire d’État à la Cohésion des territoires n’a eu de cesse ces derniers mois d’inciter les propriétaires à louer leur logement. Problème, pour les bailleurs, le fautif à ce refus est tout trouvé: c’est le gouvernement et sa politique fiscale qualifiée d’«anti-propriétaires». «L’environnement fiscal actuel peut aboutir à une stigmatisation de l’immobilier. Si la baisse de la part relative de l’investissement locatif se confirmait, cela serait une mauvaise nouvelle dans un pays où les ménages représentent la quasi-totalité (96 %) de l’offre locative privée», explique Nicolas Pécourt, du Crédit Foncier. Il y a trente ans, cette part s’élevait à 65%.

L’érosion de l’investissement locatif se retrouve dans le neuf où plus de sept personnes sur dix interrogées par le Crédit foncier déclarent qu’ils investissent dans ce marché pour payer moins d’impôts. Les investisseurs ont été refroidis par une fiscalité trop lourde (réponse donnée par 21% des personnes interrogées par le Crédit Foncier): la réforme de l’ISF (transformé en impôt sur la fortune immobilière), le taux d’imposition unique à 30% sur tous les revenus du patrimoine sauf sur l’immobilier ou encore la hausse de la taxe foncière. Conséquence: le nombre d’opérations d’investissement locatif (appartements et maisons. L’étude ne tient en revanche pas compte des résidences étudiants ou seniors) devrait reculer de plus de 13%, passant de 58.000 en 2017 à 67.000 opérations en 2018, selon la précision du Crédit Foncier.

Pour dénoncer cette politique «anti-propriétaires», le Crédit foncier pointe du doigt plusieurs préjugés concernant le profil de ces particuliers, âgés de 40 à 50 ans en majorité. Parmi eux, le fait qu’ils soient multipropriétaires ou que la valeur de leur patrimoine s’envole d’année en année. Or, selon la dernière étude publiée par l’Insee, 85% des propriétaires ne possèdent qu’un seul logement mis en location. Le bien acquis comporte en moyenne deux pièces pour une surface qui n’est finalement pas si élevée que cela: 45 m².

Par ailleurs, le coût médian d’un investissement locatif a reculé de 3% sur un an, s’élevant à 170.000 euros. En revanche, il est vrai de dire que les investisseurs gagnent plus que la moyenne: leur salaire médian annuel est de 71.100 euros contre un peu plus de 21.500 euros pour celui des Français en général. À noter enfin qu’un peu plus de 11% des propriétaires d’un ou plusieurs logements mis en location sont locataires de leur résidence principale.

Source : Le Figaro

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