Le chauffage, principal moteur de la hausse des charges de copropriété

le 22 juin 2019

Le chauffage est le poste de dépense qui a le plus augmenté en 2018 parmi les charges de copropriété qui ont grimpé en moyenne de 5% en 2018, selon le dernier baromètre annuel de l’association des responsables de copropriété.

Le chauffage, principal moteur de la hausse des charges de copropriété

ri / Pixabay

L’évolution récente des charges de copropriété ne contribuera pas à rendre les syndics plus sympathiques. Elles ont en moyenne progressé de 5% en 2018 par rapport à 2017, selon le dernier baromètre annuel de l’association des responsables de copropriété (ARC). Une hausse nettement supérieure à celle des prix (1,8%), et également supérieure à la progression constatée en 2017 (2%). Dans une copropriété équipée de tous les services (chauffage collectif, ascenseur, gardien et parking), les charges atteignent ainsi 50 euros en moyenne par m² et par an, selon l’ARC. Ces frais sont évidemment bien moindres dans une copropriété dépourvue de ces équipements. Ils y atteignent alors 21,8 euros par m2 et par an.

Les syndics ne sont pas seuls responsables de cette flambée des charges: le chauffage, lorsqu’il est collectif, est le poste de dépense qui a le plus augmenté (+9,8%) l’année dernière, du fait de l’augmentation des tarifs de l’énergie. C’est aussi celui qui pèse le plus lourd dans le budget d’une copropriété qui en est équipée, à hauteur de 14,6 euros en moyenne par m² et par an. Deuxième facteur de hausse: l’assurance, dont le coût a de son côté grimpé de près de 7%, à hauteur de 3,1 euros par m2 et par an.

Les frais de gestion des syndics constituent enfin le troisième facteur de progression des charges. Ils ont crû de 6,5% l’année dernière et représentent en moyenne 6,2 euros par m² et par an. «Cette augmentation s’explique de deux façons: les honoraires de base des syndics ont progressé, et ils facturent davantage de prestations particulières, note Claude Pouey, de l’ARC. Une assemblée générale qui se prolonge d’une heure peut par exemple être facturée 100 à 150 euros. Le même tarif horaire pourra s’appliquer au déplacement occasionné par un sinistre, alors que cela devrait être inclu dans l’honoraire de base».

Contrat-type de syndic

Les pouvoirs publics tentent pourtant de faire baisser les tarifs des syndics de manière récurrente. Afin de favoriser leur mise en concurrence, la loi Alur les contraint depuis 2015 à présenter aux copropriétaires un «contrat-type», incluant un certain nombre de services prédéfinis. Et chaque copropriété doit tous les trois ans mettre en concurrence le syndic en place. «Mais en pratique, très peu de copropriétés le font, car les conseils syndicaux, qui ne sont pas composés de professionnels mais d’habitants, ne savent pas faire cela», explique Claude Pouey. L’ARC déplore également que de plus en plus de syndics dérogent au contrat-type, et facturent en supplément des prestations qui devraient être comprises dans leur forfait.

Une enquête de la DGCCRF réalisée en novembre 2017 avait mis en évidence 41% d’anomalies dans les contrats passés au crible. «Ces anomalies étaient surtout des vices de forme. Par ailleurs, les syndics ajustent en ce moment leur tarification. Ils s’adaptent au fait d’être payés essentiellement au forfait», défend Géraud Delvolvé, délégué général de l’Union des Syndicats de l’Immobilier. Des décrets sont en tout cas attendus pour imposer de coûteuses sanctions à ceux qui ne se conformeraient pas à leur obligation de présenter un contrat-type, a annoncé le premier ministre Édouard Philippe en mars à l’occasion des dix ans de l’Autorité de la Concurrence. D’autres décrets visant à faire baisser les charges sont en préparation ou viennent de paraître: le coût de certains actes devrait être plafonné, et les syndics ont désormais l’obligation de publier plusieurs informations sur leur extranet. De quoi introduire un peu plus de transparence sur ce marché.

Source : Le Figaro

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