Légionelle à Airbel : un délai accordé aux bailleurs

le 30 octobre 2018

Le préfet donne jusqu’au 30 novembre aux bailleurs pour équiper en filtres les derniers logements de la cité marseillaise.

Légionelle à Airbel : un délai accordé aux bailleurs

Le 4 septembre 2017, un résident était mort, foudroyé par un taux de concentration 36 fois supérieur au seuil légal. Photo M.G.

Le préfet a accordé un délai supplémentaire aux bailleurs Unicil, Erilia et Logirem ainsi qu’au syndic pour équiper les derniers logements de la cité Airbel dans le 11e arrondissement de Marseille, en filtres destinés à protéger les locataires du risque d’exposition aux légionelles. Le 17 juillet, la préfecture avait mis en demeure le trio de bailleurs et le syndic, de procéder à la sécurisation des points d’usages en les équipant de filtres terminaux. L’Agence régionale de santé a justifié l’octroi d’un délai supplémentaire jusqu’au 30 novembre afin d’équiper les derniers logements où les locataires étaient absents. à trois jours de l’échéance du 30 septembre, les bailleurs sociaux avaient écrit pour demander ce nouveau délai, « en raison de l’absence de certains locataires et de l’impossibilité d’accéder à certains logements ».

Il y a plus d’un an, le 4 septembre 2017, un résident était mort, foudroyé par un taux de concentration de 36 000 UFC/litre (unité formant colonie). Trois associations de locataires, réunissant près de 250 habitants, avaient assigné les bailleurs pour obtenir la désignation d’une expertise indépendante. La vie était devenue un enfer pour eux, ne pouvant plus toucher l’eau du robinet. « On se ruine en eau minérale pour cuisiner et se laver », témoignait l’un d’eux.

 

« Le risque lié aux légionelles perdure »

Le 21 septembre, les bailleurs ont engagé une procédure judiciaire pour contraindre certains locataires de laisser entrer l’entreprise mandatée pour l’installation des filtres terminaux sur les douches. Il restait selon la préfecture encore 19 logements à équiper sur l’ensemble des logements identifiés : 7 logements pour Unicil, 11 pour la Logirem et 1 pour Erilia.

Les résultats de 4 analyses des prélèvements réalisés entre le 17 avril et le 31 mai sur les réseaux d’eau chaude sanitaire de la résidence révélaient « des concentrations en légionelles très supérieures au seuil sanitaire de 1 000 UFC/L et constituent une exposition à des risques sanitaires importants », rappelle l’arrêté signé le 17 octobre.

La chloration des réseaux d’eau chaude sanitaire ne pouvant suffire à réduire de façon satisfaisante la présence de légionelles, « par conséquent, le risque lié aux légionelles perdure pour les occupants exposés », lit-on dans l’arrêté préfectoral qui mentionne en outre que « la rénovation des réseaux d’eau chaude en cours risque d’aggraver cette situation avec une prolifération de légionelles lors de cette période transitoire ».

Source : David Coquille / La Marseillaise

Ils parlent de nous :