Légionelles : les habitants de Beauregard à Laval privés de douche depuis trois mois

le 4 avril 2019

Trois mois, et combien encore ? Certains résidents, privés de douche depuis fin décembre, réclament d’urgence le calendrier des travaux. Problème : d’après le syndic de copropriété, il est encore difficile de définir des échéances car la procédure est longue et technique.

Légionelles : les habitants de Beauregard à Laval privés de douche depuis trois mois

Dans chaque bâtiment de la résidence Beauregard à Laval, un affichage interdit depuis fin décembre l’utilisation d’eau chaude pour se laver. © Radio France – Victoria Koussa

Plus de 90 jours sans douche. Depuis fin décembre dernier, des centaines d’habitants de la résidence Beauregard à Laval (Mayenne) ont l’interdiction de se laver à l’eau chaude, après la découverte d’un taux anormal de légionelles dans les canalisations, pouvant provoquer des infections pulmonaires. L’attente s’ajoute à leur peine puisqu’ils ne connaissent toujours pas la date du début des travaux de remise aux normes des canalisations. De son côté, Citya, le syndic de copropriété, assure que la tâche n’est pas simple car la procédure est complexe.

Trois mois de système D

« Chez un ami », « à la piscine », « au gant de toilette ». Certains habitants développent des astuces pour se laver tant bien que mal au quotidien. « Je vais deux fois par semaine à l’extérieur, ce qui me permet de prendre deux douches », assure Robert. Ce retraité de 85 ans a du mal à se mouvoir et doit pourtant fournir l’effort de se déplacer plusieurs fois par semaine pour rester propre.

Dans le bâtiment d’en face, Marie, jeune propriétaire d’un appartement, se lave même « à l’ancienne », avec un « gant de toilette dans la baignoire », ou se rince les cheveux à l’eau froide. Elle n’en peut plus : « Ça commence à être pesant, il y a une espèce de psychose qui se met en place puisque du coup, on ne sait même plus si l’on peut consommer l’eau pour la cuisine, pour faire son café, pour la boire ».

Pourtant, Citya, le gérant de la copropriété, assure qu’il n’y a aucun danger avec l’eau froide car ce n’est pas le même réseau, que l’achat de filtres a été proposé aux résidents (au prix de plusieurs dizaines d’euros par mois, à leur charge, car Citya ne gère que les parties communes) pour continuer à se doucher à l’eau chaude, et que le chlorage dans le réseau d’eau a réduit drastiquement les risques.

Une procédure longue et technique

Des habitants, locataires et propriétaires, disent se sentir démunis, privés d’informations essentielles comme la date du début des travaux. C’est le cas de Jennifer, une propriétaire qui monte au créneau en recueillant les témoignages d’autres habitants pour obtenir des réponses. « Le premier mois, on patiente, on sait que les choses se mettent en place, sauf que maintenant, ça fait trois mois, alors quel est le plan d’action pour la suite ? Combien de temps ça va durer ? », questionne celle qui réclame une réunion d’information, jusqu’alors refusée par Citya.

Malgré ça, le syndic de copropriété, assure avoir affiché et envoyé par mail depuis le début des notes d’informations à destination des habitants. Il a expliqué à France Bleu Mayenne la complexité de la procédure pour régler le problème. Il faut rééquilibrer le réseau d’eau, ce qui pourrait prendre des mois car les coûts de chaque procédure doivent être approuvés par la copropriété.

Source : France Bleu

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