Les 5 milliards d’euros d’Action coeur de ville serviront de fonds d’amorçage à l’investissement privé

le 6 juin 2019
Qu’apportent les Opérations de revitalisation des territoires à Action coeur de ville ?

Les actions du plan Coeur de ville sont préfiguratrices du déploiement des ORT qui va venir les conforter. Ce nouvel outil est au service du projet global du territoire centré, prioritairement, sur le renforcement ou la consolidation de la fonction de centralité. Avec trois clefs : le permis d’aménagement multi-sites, le droit de préemption urbain renforcé et le droit d’expérimentation. Cette nouvelle régulation d’urbanisme commercial, issue de la loi Elan, facilite l’implantation de surfaces commerciales à partir de 2.500 mètres carrés pour l’alimentaire et de 5.000 mètres carrés pour du non alimentaire, dans les centres-villes. A contrario, tout projet commercial situé en dehors du secteur ORT pourra être suspendu sur saisine des élus ou à l’initiative du maire. Cet instrument ouvre la voie à un urbanisme commercial choisi et non subi, qui ne soit pas contradictoire avec la revitalisation des centres-villes.

Faut-il opposer centre-ville et périphérie ?

Nous avons besoin de tout le monde. Depuis des décennies, on a éloigné des centres-villes les habitants, les commerces, les services et les emplois, avec, pour effet pervers, des conséquences économiques et sociales graves. En réinvestissant ces coeurs de ville, on organise un rayonnement au profit de l’ensemble du territoire. Cela suppose que notre pays, qui bat le record du monde de l’équipement commercial en périphérie, remette son modèle en question et réfléchisse à ce que deviendront ces zones d’ici cinq à dix ans. Notre modèle de consommation évolue. Ce n’est pas un hasard si les enseignes reviennent en centre-ville : elles ont perçu un changement dans l’attitude des consommateurs. Néanmoins, cela ne signifie pas qu’il faille vider la périphérie pour tout concentrer en coeur de ville. Il faut, à l’inverse, trouver un meilleur équilibre afin de sortir la périphérie de son rôle de déstabilisateur du territoire.

Comment attirer les investisseurs privés ?

Il faut considérer ces 5 milliards d’euros de financement du plan Action coeur de ville comme un fonds d’amorçage pour favoriser l’investissement privé. Les opérations spécifiques de restructurations commerciales dans les centres-villes, menées par l’ensemble des politiques publiques coordonnées et transversales que représentent les ORT, contribuent à changer l’image de marque des communes. Elles sont un gage de confiance pour les investisseurs. L’intérêt d’Action coeur de ville est d’inviter tous les acteurs économiques à imaginer le centre-ville de demain qui sera peut-être moins commercial mais davantage ouvert à la mixité.

Source : Les Echos

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