Les syndics de copropriété facturent toujours leurs prestations au prix fort

le 25 mai 2017
La loi ALUR n’a pas endigué la dérive des prix pratiqués par les syndics de copropriété, selon une étude de l’UFC-Que Choisir et l’ARC.

JACQUES DEMARTHON / AFP

Trois ans après la loi ALUR, les forfaits de base ont augmenté, leur contenu a diminué et certains services atteignent un coût exorbitant, dénoncent l’UFC-Que Choisir et l’ARC.

Rien n’y fait. Les mesures de la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (loi ALUR) du 24 mars 2014 n’ont pas endigué la dérive des prix des syndics de copropriété, selon deux organisations de ­consommateurs. L’Union fédérale des consommateurs-Que choisir (UFC-Que choisir) et l’Association des responsables de copropriété (ARC) ont uni leurs forces pour éplucher onze contrats de syndics d’immeubles, parmi les cinq grands groupes qui se partagent près de 70 % du marché. Les deux associations publient, mercredi 24 mai, le résultat de leur enquête. « Nous sommes déçus. Il y a des dérapages très importants, par exemple des hausses de plus de 30 % des honoraires de base des syndics, commente Alain Bazot, président de l’UFC-Que choisir. La loi ALUR de mars 2014 et le décret de mars 2015, qui impose un contrat type de syndic, ne fonctionnent manifestement pas, car les syndics l’ont détourné », proteste-t-il.

Ce contrat type, en vigueur depuis le 1er juillet 2015, distingue, en effet, le forfait de base pour la gestion courante des prestations particulières, comme une relance pour recouvrement de charges, une assemblée générale complémentaire… Ces prestations sont, en principe, limitativement énumérées par le décret, afin d’éviter les facturations à rallonge.

Les forfaits augmentent

L’étude de l’UFC-ARC montre que le prix des forfaits a littéralement explosé entre mars 2014 et mars 2017 : le syndic Loiselet & Daigremont, par exemple, l’a fait passer, pour l’immeuble étudié, de 5 300 euros à 7 300 euros par an, soit 37,7 % d’augmentation ; Citya a majoré ses honoraires de 32,8 % ; Nexity, de 26,2 %. Seul IMMO de France se montre presque raisonnable, avec une augmentation contenue à 2,9 %, tandis que Foncia, numéro un du secteur, se contente d’une hausse de 1,7 %, soit seulement deux fois l’inflation, « mais se rattrape par une hausse massive des prestations hors forfait », précise M. Bazot.

Source : LeMonde.fr

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