Lueur d’espoir pour Grigny 2

le 5 décembre 2018

Des travaux d’urgence et un plan à long terme viennent d’être lancés afin de sauver Grigny 2, l’immense copropriété aujourd’hui très dégradée. Des travaux qui ne sauraient attendre, comme vient encore de le rappeler, dans des circonstances différentes, le drame de Marseille.

Lueur d'espoir pour Grigny 2

Chantier de renovation – Marta NASCIMENTO/REA

Le mastodonte de 104 immeubles et 5.000 logements fait actuellement piètre figure : ascenseurs régulièrement en panne, garde-corps branlants, peinture craquelée, coffrages des conduites d’eau et d’électricité défoncées, ordures qui traînent, etc. Les parties privatives ne seraient pas en meilleur état : près de 22 % des habitations de Grigny 2 sont classées en habitat indigne. En cause, la paupérisation de la cité qui n’est jamais véritablement parvenue à attirer les CSP + attendus dans les années 1960, à quoi s’est rajoutée l’arrivée de marchands de sommeil qui profitent de la situation ! Au fil des ans, les habitants les plus aisés quittent les lieux, tandis que les plus pauvres ne parviennent plus à payer leurs charges. Bilan, les syndicats de copropriétaires (un syndicat principal et 27 secondaires !) s’enfoncent sous le poids des dettes. D’autant que le syndicat principal doit gérer quasiment tous les services urbains classiques (voiries, espaces publics, réseau d’eau et de chauffage, un centre commercial…). La dette de la copropriété Grigny 2 (due notamment aux factures impayées à deux de ses principaux fournisseurs, Suez et Cofely) a atteint jusqu’à plus de 9 millions d’euros ! Les deux groupes ont accepté de réduire leur dette de 50 % afin de parvenir à réduire le passif du syndicat.

Au secours des copropriétaires

Pour mettre un frein à la  spirale infernale , l’Etat et la mairie ont décidé de prendre le dossier à bras-le-corps. L’Etat a débloqué, via l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anah), 24 millions d’euros pour réaliser des travaux d’urgence (ascenseurs, toits terrasses, garde-corps de certains balcons, électricité, sécurité incendie…). Cette aide exceptionnelle s’ajoute au plan d’intervention prévu à  Grigny 2 dans le cadre de la vaste opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national, Orcod-IN, adopté l’année dernière.

Ce plan, dont le pilotage a été confié à l’établissement public foncier d’Ile-de-France, Epfif, doit mobiliser des moyens exceptionnels afin de parvenir à remettre la copro sur les rails. « Notre objectif est d’assainir la situation matérielle et financière de la copro. L’Epfif coordonne le plan de sauvegarde avec les autres acteurs », indique Medhia Humez-Boukhatem, responsable du projet Orcod de Grigny à l’Epfif. L’établissement foncier a déjà envoyé sur place une équipe d’une dizaine de personnes pour accompagner les 27 syndicats de copropriétaires pour la gestion quotidienne. Et acquis 170 logements (le chiffre devrait atteindre 300 fin 2018) afin de prendre pied sur place…

15 ans de chantier

L’acquisition des logements doit notamment permettre d’assainir les copropriétés en chassant les spéculateurs qui louent des taudis au prix fort. « Nous avons trouvé l’antibiotique contre les marchands de sommeil. Grâce à l’Epfif qui participe aux ventes aux enchères des appartements, on peut bloquer l’arrivée de marchands de sommeil qui rachètent les biens à vils prix », estime Philippe Rio, le maire de Grigny. La mairie a pour sa part mis 2,5 millions d’euros sur la table pour réduire encore la dette du syndicat des copropriétaires vis-à-vis des deux fournisseurs Suez et Cofely. « Nous en avons pour 15 ans pour remettre la copro sur les rails, c’est un travail titanesque », souligne Philippe Rio.

Au fil du temps, la ville va aussi reprendre la gestion de divers services pesant jusqu’alors sur le syndicat. Voirie, espace public, éclairage, vidéoprotection, réseaux de chaleurs devraient ainsi être bientôt gérés par la ville ou une société publique locale (SPL). Une reprise qui doit s’intégrer dans un programme plus général de désenclavement du quartier. Une opération Anru de rénovation urbaine du square Surcouf, estimée autour de 10 millions d’euros, devrait en effet voir le jour prochainement.

Source : Les Echos

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