Marseille : face aux CIQ, Ville et syndics se dédouanent

le 16 février 2019

Jeudi soir, la confédération générale des Comités d’intérêt de quartier (CIQ) consacrait son assemblée générale à l’habitat indigne, plus de trois mois après le drame de la rue d’Aubagne. Syndics et élus de la majorité ont chargé les propriétaires. Édifiant.

Marseille : face aux CIQ, Ville et syndics se dédouanent

« Les travaux d’office ne peuvent être faits qu’après des délais très longs », a assuré Julien Ruas. PHOTO M.RI.

« La vérité, c’est que pour faire les travaux, il y a toujours un courrier qui manque ou une entreprise défaillante. Bref, il ne se passe jamais rien ». Avec cet aveu, désarmant de sincérité, Julien Ruas, adjoint au maire chargé de la prévention des risques, fait l’aveu de l’impuissance des autorités à résoudre la question de l’habitat indigne à Marseille.

Invités, jeudi soir, à la confédération générale des Comités d’intérêt de quartier (CIQ), lors de l’assemblée générale, élus et syndics ont voulu « faire preuve de pédagogie » pour expliquer les démarches entreprises pour gérer la crise et lutter contre l’habitat indigne. En réalité, il a surtout été question pour la Ville et les syndics de se dédouaner et de charger les propriétaires. « Le maire n’est pas là pour entretenir les immeubles des uns et des autres », justifie Julien Ruas pour qui, aujourd’hui : « on évacue beaucoup, et c’est normal, les gens ont peur ».

« On vit un truc inédit », appuie Arlette Fructus, adjointe (Radicale) chargée de l’habitat et vice-présidente de la Métropole. Pour rappel, trois mois après le drame de la rue d’Aubagne, 1 434 personnes sont encore logées à l’hôtel par la mairie. « Mais on est face à des familles qui refusent des relogements, alors qu’on est sur du temporaire », lâche l’élue.

« Les compétences des uns et des autres doivent être clarifiées », tente Alexandra Louis, députée (LREM) de la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône. « Le patrimoine marseillais est en très mauvais état. Pourquoi ? Et bien on ne sait pas », lance Julien Berthoz, représentant des syndics, et dont le cabinet était propriétaire du 67 de la rue d’Aubagne.

Dans la salle, Omar, évacué il y a trois mois jour pour jour de son logement situé au 12, bd Dugommier (1er), fait la moue. Et pour cause, Berthoz était son syndic.

Source : La Marseillaise

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