Marseille : Maison Blanche, cité dégradée à préempter ou à démolir ?

le 27 janvier 2019

Une « convention d’intervention foncière » envisage de préempter la cité aux 220 logements.

Marseille : Maison Blanche, cité dégradée à préempter ou à démolir ?

Sur les 220 logements de cette cité très dégradée, seuls 11 sont détenus par des propriétaires qui y vivent, tout le reste est loué notamment par des marchands de sommeil. photo googleview

Le conseil d’arrondissement de la mairie des 13-14 doit examiner, mardi prochain, une délibération sur Maison Blanche, cette importante copropriété privée très dégradée, au 221, boulevard Danielle Casanova (14e). Le texte propose d’approuver une « convention d’intervention foncière » entre la Ville, la Métropole, Euroméditerranée et l’Établissement public foncier qui se verrait déléguer pour 5 ans un droit de préemption sur les 220 logements très délabrés où 1 300 personnes vivent dans des conditions très difficiles.

Maison Blanche est l’une des 11 plus grandes copropriétés privées dégradées de Marseille. C’est un concentré de difficultés sociales, bâtimentaires, financières et urbaines. Les parties communes sont vétustes, autant que la plupart des 220 logements détenus à 95 % par des propriétaires qui louent à une population majoritairement jeune et très paupérisée. En août dernier, une petite-fille était tombée du 12e étage.

Le nouveau dispositif entend « donner un coup d’arrêt à la dégradation de la copropriété » en permettant à l’Établissement public foncier de racheter des lots « à l’amiable par préemption et par adjudication » et ce afin « d’empêcher l’arrivée de nouveaux marchands de sommeil ou de copropriétaires impécunieux », tout en mettant « aux normes de sécurité et de décence les parties privatives des logements acquis, afin de les remettre sur le marché ».
Remise sur le marché. Voilà qui semble privilégier la piste d’une rénovation définitive de cette barre d’habitations dont la démolition est pourtant posée depuis des années comme une option. Un accord partenarial de février 2017 pour une « stratégie sur les copropriétés dégradées sur la ville de Marseille » a même chiffré le coût d’une démolition totale : 19,8 millions d’euros !

« Désordres au titre de l’indécence »

Le dispositif de « portage immobilier » veut assurer aux occupants des conditions de vie satisfaisantes « dans l’attente de la définition d’un projet ». Or les 5 premiers millions d’euros engagés par les signataires ne sont destinés qu’à des « études nécessaires à la définition d’un projet cohérent ». On est très loin de travaux d’amélioration immédiate du quotidien des habitants ! « Ces logements sont pour la plupart assez dégradés et ne disposent pas de tous des éléments de confort nécessaires à une qualité de vie satisfaisante », répète pourtant la convention qui souligne l’existence de « désordres au titre de l’indécence de certains logements. » Le risque d’un cautère coûteux sur une jambe de bois.

David Coquille

Source : La Marseillaise

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