Marseille : plus de 20% des sinistrés ont pu récupérer leur logement

le 24 janvier 2019

Deux mois et demi après l’effondrement de deux immeubles dans la cité phocéenne, un peu plus de 500 personnes ont retrouvé un logement fixe. Parmi eux, près de 400 ont retrouvé leur appartement d’origine.

Marseille : plus de 20% des sinistrés ont pu récupérer leur logement

Deux mois et demi après l’effondrement de deux immeubles du centre de Marseille, qui a fait huit morts, plus de 500 personnes ont retrouvé un logement, selon la mairie. Près de 400 (399) ont pu regagner leur logement d’origine (au nombre de 68, désormais sécurisés) et 136 ont signé des baux ou des conventions d’occupation avec des bailleurs sociaux «pour des relogements définitifs ou temporaires», selon les derniers chiffres transmis au Figaro par la mairie. À cela, s’ajoutent 150 personnes qui ont trouvé une solution personnelle (amis, famille…).

Ce sont donc encore un peu moins de 1300 habitants qui sont hébergés de façon temporaire, dans des hôtels aux frais de la mairie qui affirme avoir consacré 14 millions d’euros au relogement ou à l’hébergement des personnes sinistrées. En effet, au total, 1965 personnes (230 logements) avaient été évacuées aux alentours de la rue d’Aubagne, au cœur du Marseille populaire, et dans le reste de la ville, selon la mairie. «Aux habitants qui n’ont pas pu encore récupérer leur logement pour cause de travaux (d’une durée de deux à trois mois) et qui ne souhaitent pas loger dans des hôtels, nous proposons des conditions de vie plus confortables en appartements dont les loyers sont pris en charge par Soliha (association privée au service de l’habitat)», explique Arlette Fructus, adjointe au maire de Marseille, chargée du logement.

Le nombre d’habitants relogés devrait ainsi augmenter grâce à la mise à disposition par le parc privé (Unis, Fnaim) d’une trentaine de logements mais également d’acteurs tels que Primonial et Covivio qui s’engagent à louer 75 appartements (studios meublés, T1, T2, T3) rue de la République, une artère proche du Vieux-Port. Le ministre de la Ville et du Logement a visité l’un d’entre eux ce lundi après-midi. «Le coût du relogement est pris en charge à 50% par la ville et à 50% par l’État», précise Jean-Claude Gaudin, le maire LR de Marseille, qui cédera sa place en 2020. «À charge pour les propriétaires de rembourser à l’issue de longues procédures les sommes avancées», rappelle Arlette Fructus.

Pour rappel, c’est en effet au propriétaire du logement ou au syndic de l’immeuble d’assurer le relogement des occupants. Une tâche qui est loin d’être aisée, car le nouveau logement doit être décent – la surface ne doit pas être inférieure à 9 m² – et correspondre aux besoins des occupants. Surtout, il arrive que le propriétaire (ou le syndic), après s’être engagé à assurer l’hébergement, ne fasse finalement aucune proposition de relogement ou que cette dernière ne satisfasse pas le maire. Dans ce cas, c’est l’élu ou le préfet qui est tenu de prendre les dispositions nécessaires pour reloger les occupants.

Le gouvernement estime à 450.000 le nombre de logements indignes en France, dont près de 40.000 à Marseille selon la mairie. En octobre dernier, le ministre de la Ville et du logement a annoncé un plan de 18 milliards d’euros contre l’habitat indigne: dix milliards consacrés à la rénovation urbaine, cinq milliards à la lutte contre l’insalubrité, dont 240 millions à Marseille et 3 milliards à celle contre les propriétés dégradées. De son côté, Jean-Claude Gaudin a rappelé que la mairie a déboursé 120 millions d’euros depuis 2005 contre l’habitat indigne.

Source : Le Figaro

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