Nantes. Baisse des APL : l’office HLM chiffre les pertes

le 25 septembre 2017
Gestionnaire d'un parc de 25 000 logements sociaux (ici dans le quartier Malakoff à Nantes), l'office public Nantes métropole habitat est très inquiet des conséquences du projet gouvernemental de baisser les allocations APL et les loyers.

Ouest-France

Selon le bailleur social Nantes métropole habitat, une baisse des loyers de 50 € à 60 €, pour compenser celle des APL, bloquerait la construction de 350 à 400 logements neufs dans l’agglo.

L’office public Nantes métropole habitat gère 25 000 logements sociaux de la métropole et loge 50 000 habitants. Six sur dix touchent les APL (aide personnalisée au logement). Une indemnité que le gouvernement a décidé de réduire de 50 € à 60 € par mois et par allocataire. L’État demande aux bailleurs sociaux de compenser en baissant d’autant leurs loyers.

« Cela aura pour conséquences immédiates la fragilisation des organismes HLM et le blocage de la plupart des projets de construction et de rénovation », s’insurge Alain Robert. Le président de Nantes métropole habitat critique sans concession une décision « inacceptable et incompréhensible », des mesures« injustes, inadaptées et préoccupantes pour le modèle social français du logement ».

L’organisme a chiffré les répercussions locales sur son activité. Cela « entraînerait une perte annuelle de sept à neuf millions d’euros. Cette fragilité financière conduirait vers une incapacité à effectuer les emprunts nécessaires pour financer les 350 à 400 logements neufs que l’office construit chaque année ». L’organismeimagine aussi « la difficulté de financer l’essentiel de la rénovation et de l’entretien » de son parc ancien. « Près de 40 millions d’euros sont investis chaque année. »

Il manque 13 000 logements sociaux

Le plan métropolitain de l’habitat oblige les bailleurs sociaux à produire 2 000 logements HLM par an. Alain Robert s’inquiète des effets sur les projets urbains des quartiers prioritaires de l’agglomération, comme Bellevue, Bottière, Nantes nord, Dervallières. Des milliers de logements sociaux à rénover, démolir et reconstruire : « Comment l’État compte-t-il compenser les finances des bailleurs sociaux pour être à la hauteur des programmes envisagés et répondre aux attentes des locataires ? »

Pascale Chiron, adjointe au logement à Nantes, rappelle qu’il manque 13 000 logements dans l’agglomération nantaise pour atteindre le quota légal de 25 % de logements sociaux. « Qui va trinquer ? Ce sont les locataires déjà dans la galère et les bailleurs sociaux qui ne pourront plus construire autant de logements, déplore l’élue nantaise. Conséquence : les personnes dans la précarité devront tenter de se loger dans le privé. Les mieux lotis y arriveront. Les autres resteront sur le carreau. »

La colère de Nantes métropole habitat n’est pas isolée. Vendredi, Michel Ménard, président de l’Office public départemental Habitat 44, dénonçait déjà « une mesure dangereuse économiquement et inefficace socialement ». D’après lui, baisser de 50 € les loyers réduirait les recettes d’Habitat 44 de 2,7 millions d’euros.

Par an, Nantes métropole habitat investit 100 millions d’euros dans l’économie locale, auprès de 900 fournisseurs, appuie de son côté Alain Robert.

Source : Ouest France

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