Paris : ils ne veulent pas de KFC en bas de chez eux

le 9 août 2018

Une vingtaine de copropriétaires du 5, boulevard Beaumarchais (IVe) s’opposent à l’ouverture d’un fast-food en lieu et place de Dalloyau. Ils ont déposé deux recours en justice.

Paris : ils ne veulent pas de KFC en bas de chez eux

Les copropriétaires du 5, bvd Beaumarchais (IVe) s’opposent à l’installation d’un fast-food au pied de leur immeuble. De gauche à droite: Eytan Koren, Fabienne Thibault-Boorsch et son mari Didier Boorsch. Ph Baverel

« Pourquoi, Madame, ne déménagez-vous pas? » C’est la question qu’a osé poser l’un des représentants de la chaîne de restauration rapide KFC (Kentucky Fried Chicken, littéralement, « Poulet frit du Kentucky ») à la présidente du conseil syndical du 5, boulevard Beaumarchais (IVe) où KFC a l’intention d’ouvrir un établissement prochainement.

Selon plusieurs participants à cette réunion au cours de laquelle, en février dernier, une dizaine d’émissaires de la multinationale américaine ont fait part de leur projet à une vingtaine de copropriétaires de l’immeuble, l’universitaire – qui habite là depuis une quarantaine d’années – s’était permis de suggérer à ses interlocuteurs de s’installer plus loin, du côté de la rue de la Roquette (XIe) par exemple, où restaurants et bars de nuit sont légion…

C’est au cours d’une assemblée générale extraordinaire, en janvier 2018, que les habitants de cet immeuble du XVIIIe siècle ont appris que le salon de thé-pâtisserie Dalloyau avait cédé son bail à un fast food.

Habitante de l’immeuble depuis 1995, Fabienne Thibault-Boorsch a déjà fait l’inventaire des nuisances prévisibles : « Odeurs de friture toute la journée, bruit des machines et musique en permanence, service jusqu’à 23 heures 7 jours sur 7, livraisons avant 7 heures du matin… »

Après trois refus, la déclaration préalable de travaux pour refaire la devanture a finalement été acceptée par l’Hôtel de Ville le 23 mai. Déclaration contre laquelle le syndic des copropriétaires a déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris, qui ne devrait pas statuer avant un an.

Un référé a aussi été introduit devant le tribunal de grande instance en raison du risque de « dommages imminents », au premier rang desquels figurent les nuisances sonores et olfactives. Avocate du syndic, Me Audrey Benois observe aussi que « la salle du premier étage que KFC souhaite utiliser comme restaurant est à usage d’habitation et qu’aucune autorisation de transformation en local commercial n’a été délivrée par la Ville ». L’audience de référé est fixée au 20 août.

Source : Le Parisien

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