Paris : les plates-formes de location touristique dans le viseur de la mairie

le 7 janvier 2019

Le marché immobilier, très compliqué dans la capitale, entraîne une fuite des habitants. Le développement des locations saisonnières inquiètent les élus.

Paris : les plates-formes de location touristique dans le viseur de la mairie

Les plates-formes touristiques sont encore dans le viseur de la mairie. Les locations à l’année ne permettent en effet pas aux Parisiens de se loger. LP/Olivier Boitet

Si Paris perd des habitants et se vide depuis 2011, selon la dernière étude publiée fin décembre par l’Insee, c’est dû à une baisse des naissances mais aussi au marché de l’immobilier qui est devenu très compliqué dans la capitale notamment du fait du développement des plates-formes de location touristiques. Les arrondissements centraux sont les plus sollicités.

Une spoliation des biens pour la Ville

Un constat qui alarme Emmanuel Grégoire, le premier adjoint (PS), d’Anne Hidalgo. « Perdre des habitants n’est pas une catastrophe en soi. Ça nous permet même de baisser la densité par hectare, souligne l’élu. Mais entre 2010 et 2015 nous avons perdu plus de 30 000 résidences principales et ça renvoie à notre relation difficile avec les plates-formes de location qui va même peut-être devenir hostile. Nous avons atteint la cote d’alerte. Ces locations pèsent sur le parc immobilier et ont un effet inflationniste sur le prix des loyers mais aussi spéculatif sur les ventes car les rendements sont très forts. En fait, c’est une spoliation des biens immobiliers au profit d’investisseurs. »

Une ville visitée et non habitée

« Si la tendance se poursuit, Paris ne sera plus une ville habitée mais une ville visitée », indique de son côté Ian Brossat, adjoint (PC) en charge du logement. Grand pourfendeur des dérives des plates-formes de locations saisonnières — il y a récemment consacré un livre, « Airbnb, la ville ubérisée » — l’élu n’est pas spécialement « rassuré » par l’entrée en vigueur, ce 1er janvier, d’un accord signé l’an dernier entre l’Etat et l’UNPLV (l’Union nationale pour la promotion de la location de vacances dont Airbnb est l’un des membres).

Les locations bloquées au-delà de 120 jours

« Cet accord prévoit qu’une résidence principale ne pourra plus être louée au-delà de 120 nuitées par an, dans les villes en tension, explique Ian Brossat. Mais cette limitation était déjà en vigueur à Paris depuis la loi pour une République numérique. Les plates-formes se mettent simplement en conformité avec une loi qui existait depuis 3 ans. La seule avancée, c’est qu’elles s’engagent désormais à bloquer les annonces au-delà de 120 jours de location. »

Source : Le Parisien

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