Paris: Que faire pour que les classes moyennes puissent encore vivre dans la capitale?

le 4 mai 2018

Pour les classes moyennes, il est de plus en plus difficile de se loger à Paris. Des recommandations –au nombre de 48– vont être présentées ce jeudi en Conseil de Paris pour que ces ménages puissent continuer à vivre dans la capitale…

Paris: Que faire pour que les classes moyennes puissent encore vivre dans la capitale?

Des immeubles dans le IIIe arrondissement de Paris. (Illustration) — FRANCK LODI/SIPA

  • Ce jeudi en Conseil de Paris, 48 recommandations vont être soumises aux conseillers parisiens pour que les classes moyennes puissent continuer à loger dans la capitale.
  • Paris intra-muros compte, selon une étude, 50 % de ménages à revenus moyens.
  • « 6 % seulement des ménages des classes moyennes sont inscrits comme demandeurs de logement » à Paris.

Loyers astronomiques, prix de vente faramineux, logements trop petits. Habiter à Paris est un choix douloureux financièrement et pas donné à tout le monde. Des prix qui conduisent notamment « les classes moyennes, dès que le ménage s’agrandit, [à se retrouver] dans l’obligation de quitter Paris intra-muros », constate le panel de Parisiens – une vingtaine – qui a planché sur « Comment continuer à rendre accessible aux classes moyennes le logement à Paris ? ».

Car oui, les classes moyennes vivent encore dans Paris principalement dans les XIe, XIIe, XIIIe, XIVe, XVe, XIXe et XXe, selon une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme​ (Apur). La capitale a d’ailleurs conservé une partie de sa mixité sociale avec 25 % de revenus modestes, 25 % de revenus aisés et 50 % de revenus moyens. Qu’entend-on par revenu moyen ? « Un niveau de revenu compris entre 1.500 euros et 3.760 euros par mois pour une personne seule et entre 3.150 euros et 7.900 euros par mois pour un couple avec deux enfants. Ces chiffres s’entendent comme revenus nets déclarés avant paiement des impôts », explique l’Apur.

Ce jeudi à 9 h, deux représentants de ce panel vont rendre leurs 48 recommandations au Conseil de Paris. Les groupes politiques vont alors en débattre, aux conseillers de Paris ensuite de les retenir ou pas pour de futurs vœux. 20 Minutes a eu accès à ces recommandations et vous en livre quelques-unes.

Développer les surélévations dans les immeubles le permettant

Une autre étude de l’Apur datant de 2017 estimait à 11.000 immeubles sont susceptibles d’être surélevés dans la capitale. Une méthode utilisée par la ville de Paris sur son parc de logements sociaux notamment à la cité Daviel dans le XIIIe arrondissement. « On a effectué une optimisation foncière sur des immeubles de trois étages en ajoutant deux étages supplémentaires, explique Ian Brossat, adjoint (PC) d’Anne Hidalgo en charge du logement. Mais la surélévation en site occupée, c’est compliqué. Et la ville n’a pas la main pour surélever sur le parc privé. »

Moduler la taxe foncière

Le panel d’habitants parisiens recommande de « moduler la taxe foncière en fonction du type de logement vacant, de la durée de la vacance, et du statut de non-occupation » et également de « moduler la taxe foncière à la baisse pour les primo-accédants et les personnes qui font l’effort de remettre leur logement dans le locatif [social ou privé] ». Des propositions qui nécessitent des changements législatifs (Code général des impôts). Ça tombe bien, la loi sur le logement (loi Elan) du gouvernement doit être voté d’ici l’été par le Parlement.

La proposition de « créer un avantage fiscal pour les propriétaires qui respecterait l’encadrement des loyers et a contrario une pénalité pour ceux qui ne le respectent pas » semble illusoire. « On ne peut donner une carotte fiscale à ceux qui respectent la loi, souligne l’adjoint au maire. Par contre, on pourrait renforcer les avantages fiscaux pour les propriétaires qui vont au-delà de l’encadrement des loyers. » Encore faut-il que l’encadrement des loyers revienne dans la loi Elan.

Taxer les bureaux vacants

Là également, il faudrait un changement auCode général des impôts. Cette mesure suscite un grand intérêt auprès de Ian Brossat. « Il y a un million de m2 de bureaux vides à Paris. Cette mesure pourrait être très incitative pour transformer ces locaux vides en appartements. » L’élu note que les recommandations du panel de Parisiens vont « dans le sens de la régulation, dans le sens de ce que fait la ville voire va même plus loin ». C’est notamment le cas pour les meublés touristiques (Airbnb, etc.) où la proposition opte pour « réduire la durée autorisée de location de 120 jours à cinq semaines ».

Informer du niveau de revenu donnant accès au logement social

Avec cette recommandation, le panel montre que la communication de la ville de Paris n’est pas efficace. En effet, d’après l’Atelier parisien d’urbanisme, « les 2/3 des ménages parisiens [sont] éligibles à un logement social​. C’est le cas de la grande majorité des ménages de classes moyennes ». Or, toujours selon la même étude, « 6 % seulement des ménages de classes moyennes sont inscrits comme demandeurs de logement ».

« Dans la tête de beaucoup de Parisiens, le logement social est réservé aux ménages les plus pauvres. Nous avons un vrai souci de communication », reconnaît Ian Brossat. L’élu communiste indique que « 30 % des logements sociaux produits en flux [comprendre : en construction neuve] sont dédiés à la classe moyenne ». Le tarif pratiqué est de 14 euros le m2. Contre 19,8 à 31,7 euros le m2 dans le privé selon MeilleursAgents.com au 1er mai.

Source : 20Minutes

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