Paris veut dire adieu au fioul dans 1.500 copropriétés

le 13 mars 2019

Pour asseoir ses objectifs de transition énergétique, la ville de Paris doit faire face à une source d’énergie encore sensiblement répandue dans plus d’un millier de copropriétés : le fioul.

Paris veut dire adieu au fioul dans 1.500 copropriétés

Paris © encrier – Thinkstock

Plutôt que de proposer une solution unique à destination de toutes les copropriétés, tailles et budgets confondus, l’Agence parisienne du climat tente de mieux identifier les structures encore chauffées au fioul et développer un éventail de solutions ad hoc.

Pour atteindre l’objectif d’un « territoire zéro carburant fossile et zéro fioul domestique », la municipalité parisienne s’est appuyée sur l’Agence parisienne du climat (APC). Ce bras armé de la transition énergétique de la capitale a ainsi été chargé de mener une large étude « pour l’élaboration d’un ambitieux plan d’action unique en France ».

« La priorité de notre plan d’actions est bien de doter Paris d’un air pur (…) qui respecte les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé », a rappelé Aurélie Solens, conseillère déléguée chargée de l’environnement à la ville de Paris. Dérivé du pétrole, le fioul domestique est responsable de 3% des émissions de particules fines, de 10% du dioxyde d’azote et 8% de gaz à effet de serre.

Alors que la majorité des logements parisiens sont organisés en copropriété, l’étude prospective a pu permettre à l’APC d’avoir « une meilleure visibilité du marché de la copropriété (…) et de développer des offres adaptées aux besoins et aux différents segments de la copropriété, pour accélérer la rénovation du parc bâti », estime Anne Girault, directrice générale de l’APC.

Segmenter le parc de copropriétés

Pour les différents acteurs de l’Agence parisienne du climat présents ce matin, la segmentation des copropriétés est bien la solution qui permettra d’accélérer la conversion du fioul vers une source d’énergie plus vertueuse, tout en s’adaptant aux spécificités de chaque structure de copropriétaires.

Pour le directeur Habitat et rénovation de l’APC, Fréderic Delhommeau, il y a désormais « un saut d’échelle à réaliser » si l’on veut atteindre l’objectif zéro fioul en 2030, inscrit dans le Plan climat air énergie de la ville de Paris. La segmentation du parc y contribue, et doit être associé à « l’ouverture des données énergétiques en big data utilisées au quotidien, et qui nous permettent de suivre les consommations annuelles à l’adresse ». Et de citer le registre national des copropriétés mis en place par l’Anah, et l’ouverture des données des énergéticiens qui permettront, in fine, « une forme de démarchage spécifique » quant aux travaux de rénovation à mener.

Le fioul, énergie des Trente glorieuses

Menée d’octobre 2018 à mars 2019, l’enquête réalisée par l’APC a ainsi permis d’identifier près de 1.500 copropriétés chauffées au fioul, soit 5% des logements du parc privé parisien. Ces chaudières vétustes se retrouvent presque exclusivement dans les résidences héritées des Trente Glorieuses, bâties entre 1945 et 1974. « On peut supposer qu’elles étaient d’abord chauffées au charbon puis converties au fioul », complète Guillaume Privat, chargé d’études sur les copropriétés fonctionnant au fioul.

Pour poursuivre le portrait du fioul à Paris, cette source d’énergie est majoritairement représentée dans le 16e arrondissement, dans des copropriétés plutôt petites, abritant une moyenne de 30 logements. Parmi les arguments qui justifient le maintien de cette source d’énergie, Guillaume Privat cite « des chaudières en bon état de fonctionnement, malgré leur ancienneté, un coût des travaux qui peut paraître assez élevés pour les copropriétés qui ne voient pas de retour sur investissement, signe d’une certaine inertie au changement au sein de la copropriété ».

Pourtant, le fioul reste l’une des énergies les plus onéreuses en France, sujette aux fluctuations des prix. Un coût qui, relativise l’APC, peut constituer un premier levier d’action pour convaincre les copropriétés de mener un audit énergétique, qui pourra attester des économies engendrées par une autre source d’énergie et d’amortissement des coûts de remplacement d’une chaudière.

Source : BatiActu

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