Puy-de-Dôme : attention à la mérule, la lèpre des maisons

le 17 février 2019

La mérule est un champignon parasite qui attaque le bois des bâtiments. Dans Puy-de-Dôme, le Sancy, la Bourboule et le Mont-Dore sont classés en zone à risque. Une manière d’alerter les habitants et éventuels acquéreurs, pour lutter contre le fléau et éviter les mauvaises surprises.

Puy-de-Dôme : attention à la mérule, la lèpre des maisons

La mérule est un champignon parasite qui attaque le bois des bâtiments. / © R. Thévenot / France 3 Auvergne

Antoine Deshayes peut être amer. Quand il achète avec sa compagne, fin 2017, un appartement au 3ème étage d’un immeuble du Mont-Dore. Il est loin de se douter que cette promesse d’avenir aller virer au cauchemar
Cela fait 3 mois que son appartement est en chantier alors qu’initialement il envisageait seulement 15 jours de travaux.
Tout a été démonté, depuis que les premières traces de mérule ont été décelées
« On faisait des travaux de rénovation et en enlevant le lambris on a découvert une poutre complètement attaquée par une mérule asséchée mais qui continue de se développer tout autour de l’appartement », se désole le jeune propriétaire.

Ça peut traverser des murs entiers

Comme souvent, rien ne laisse supposer à l’œil nu la présence de cette lèpre des bois La plupart du temps l’humidité sert d’incubateur au champignon très volatile
« Ça voyage derrière l’enduit, ça peut traverser des murs entiers. On peut très bien ne pas le savoir, comme ce fut mon cas, à moins de tout désosser et de faire des travaux en profondeur », déplore Antoine.
Mais prouver un vice caché ou un défaut d’entretien pour obtenir réparation de sa vente impliquerait un bras de fer juridique long et coûteux
Antoine espère plutôt obtenir de la copropriété la prise en charge du coût du traitement contre la mérule évalué chez lui entre 5 000 et 15 000 euros.
« J’ai pris la décision de proposer, lors des prochaines assemblées générales, systématiquement, un diagnostic de l’état des immeubles et éventuellement agir et proposer lors des assemblées générales suivantes des travaux de traitement », assure Damien Charpy, syndic de copropriété « La thermale de gestion ».

La commune du Mont-Dore concernée

Depuis mai 2018 date du classement du Mont-Dore en zone infestée, les vendeurs ont obligation d’informer l’acheteur de la présence de mérule. Pour Antoine cela arrive trop tard.
« Cela fait 15 ans qu’on le sait et les choses sont mises en place que depuis quelques mois. C’est un petit peu dommage. Si on avait su que l’appartement était autant touché, on n’aurait peut-être pas acheté », regrette le jeune propriétaire.
Aucune assurance ne garantit aujourd’hui ce risque Seule une loi imposant  un « diagnostic mérule » comme obligatoire pourrait s’avérer une protection efficace contre le fléau.

Les obligations pour lutter contre le développement de la mérule

La mérule est un champignon qui se développe dans le bois et le décompose. En cas d’humidité excessive et de défaut de ventilation, il peut se développer dans le bâtiment. L’infection est généralement constatée tardivement et peut être à l’origine de dégâts importants voire structurels.
Afin de lutter contre le développement de ce champignon, la loi ALUR (n°2014-366) a introduit des articles spécifiques (L133-7 à L133-9) dans Code de la Construction et de l’Habitation (CCH).
Ainsi, en cas de présence de mérule dans un immeuble bâti, l’occupant, ou à défaut le propriétaire, a obligation de le déclarer en mairie (article L.133-7 du CCH).
Lorsque des foyers de mérule sont identifiés, un arrêté préfectoral délimite les zones de présence d’un risque de mérule (article L.133-8 du CCH).

Dans le département du Puy-de-Dôme, les arrêtés préfectoraux pris en application de l’article L.133-8 du CCH sont les suivants :

arrêté préfectoral mérules du 9 mai 2018 – commune du Mont-Dore (format pdf – 3.1 Mo – 29/05/2018)
arrêté préfectoral mérules du 23 juillet 2018 – commune de La Bourboule (format pdf – 73.9 ko – 16/08/2018)

En cas de vente de tout ou partie d’un immeuble bâti situé dans les zones délimitées par arrêté préfectoral, une information sur la présence d’un risque de mérule doit obligatoirement être fournie dans le dossier de diagnostic technique (article L.133-9 du CCH).

Source : France 3

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