Rénovation de la cité Danton, un vrai «chantier» pour les locataires

le 8 janvier 2018

Prises non fixées, volets montés à l’envers, fenêtres mal isolées, inondation à cause de toitures non finies… Pour les locataires, les travaux de rénovation de la cité Danton n’ont jamais aussi bien porté leur nom : un vrai chantier ! Les plaintes se multiplient et le maire tire la sonnette d’alarme !

Si les travaux de rénovation semblent s’être bien déroulés rue du 19-Mars, en revanche, rue Robespierre, les locataires ne sont pas contents de l’organisation du chantier.

«  J’ai passé Noël sans chauffage, il faisait 13 degrés dans ma maison !  », assure Francis. Lorsqu’on rentre dans son logement, rue Robespierre, c’est d’abord la lourdeur du froid tombant sur les épaules qui vous accueille, bien avant la poignée de main chaleureuse de cet Hersinois, qui garde le sourire en toutes circonstances. «  Ce soir, c’est décidé, je dors ailleurs  », affirmait-il le 26 au matin. En face, il y a Anélia, 80 ans. Elle vit seule, avec ses deux cancers. Et sa prise d’antenne, enfin ce qui y ressemble. «  C’est comme ça, depuis plus d’un mois !  ». Elle nous montre aussi le plafonnier déplacé dans son arrière-cuisine, résultat… elle ne peut plus ouvrir complètement sa baie vitrée. Et avant de partir, on passe par la chambre. Là, on tombe de l’armoire : la fenêtre posée… mais pas finie d’être isolée. L’été, le provisoire ça peut passer mais l’hiver, le vent et le froid aussi passent. «  Dans ce chantier, on commence tout mais on ne finit rien…  », souffle la vieille dame qui se demande qui va payer les factures de chauffage. «  Moi, avec ma petite pension, je ne peux pas !  », assure Anélia.

Du carton pour isoler

À côté de chez elle, même situation. La locataire a bouché les trous avec du carton. «  Et le volet ! Faut que je vous montre : il est monté à l’envers ! En plus, on n’a pas pu l’ouvrir car pendant un mois, il n’était pas raccordé à l’électricité !  », préférant en rire car elle en a assez de pleurer. En face, c’est un couple de septuagénaires qui nous montre un voyant rouge allumé au-dessus de la chaudière, toute neuve, installée dans la cuisine. «  J’ai téléphoné, on m’a dit ce n’est pas normal, et qu’il allait intervenir… Bon, ça ne fait que 15 jours que j’ai appelé  », ironise-t-il. «  Le problème c’est qu’on ne peut pas toucher à la nouvelle chaudière et que l’eau sort à 82 degrés !  » «  Avec l’ancienne chaudière je devais mettre 21 degrés pour avoir chaud dans la maison, aujourd’hui, avec la nouvelle, je dois mettre 24 !  », s’étonne le couple, à qui on a expliqué que cette rénovation doit permettre de voir leur facture de chauffage baisser. «  Je pense qu’ils auraient dû mener ce chantier autrement, faire des travaux maison par maison, alors que là, on voit une équipe, on ne la voit plus, on en voit une autre et plus rien…  », souffle l’homme.

Contacté il y a plusieurs jours, Pas-de-Calais Habitat n’a pas été en mesure de nous répondre. Nous allons réitérer notre demande.

Jean-Marie Caramiaux: «Pas normal de passer Noël sans chauffage»

«  Il existe un sérieux problème dans l’organisation du chantier  », veut constater le maire. Jean-Marie Caramiaux réclame la rénovation de ces logements depuis plusieurs années, en témoignent plusieurs courriers, dont un datant de 2012, «  qui n’a jamais connu de réponse.  » Il se souvient même de la visite d’un technicien… en 2008, annonçant des travaux.

En janvier 2014, c’est l’association Droit au logement qui fait un signalement à l’Agence Régionale de Santé (ARS) pour dénoncer le manque d’entretien, voire le délabrement des habitations de la cité. Multipliant les lettres et les contacts, Jean-Marie Caramiaux pensait tenir le bon bout lorsqu’en mars 2017, on lui annonce des travaux financés par Pas-de-Calais Habitat à partir de septembre. Depuis, il est appelé à se rendre plusieurs fois sur place pour constater les dégâts et écouter les doléances des habitants. «  Ce n’est pas normal de passer Noël sans chauffage, de plus, les locataires sont principalement des personnes âgées, alors on se dit elles ne vont rien dire ! C’est honteux, il a une certaine inhumanité dans ces travaux où tout le monde se rejette la faute et personne n’est responsable  », déplore le maire.

EN CHIFFRES

34 Le nombre de maisonnettes situées rue Danton, Robespierre et du 19-Mars. Elles ont été bâties en 1981.

1,67 En millions d’euros, l’investissement du bailleur, Pas-de-Calais Habitat, pour ce programme de rénovation. Soit environ, 50 000 € par logement.

23 En kWh/m2/an, c’est la performance énergétique visée par ces travaux de rénovation, permettant au logement de passer de la catégorie F à la catégorie D.

12 En mois, la durée annoncée pour réaliser les travaux, commencés en septembre.

Source : La Voix du Nord

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