Le crédit d’impôt de transition énergétique (Cite) est-il efficace pour aider les ménages à financer leurs travaux d’économie d’énergie ? A première vue, pas tellement. Son caractère injuste a régulièrement été dénoncé, la majeure partie des bénéficiaires de l’avantage appartenant aux ménages les plus riches. Dans son dernier rapport d’application de la loi fiscale, le député LREM Joël Giraud révélait ainsi que les bénéficiaires du Cite appartenant aux 9e et 10e déciles de revenus représentaient, en 2018, près de 45% des bénéficiaires totaux et près de 50% du montant total de la réduction d’impôt (49,75%). En d’autres termes, 20% des ménages les plus riches se partagent la moitié du gâteau…

Autre écueil soulevé par le rapporteur de la loi de finances : le dispositif se concentre sur des travaux dont le rapport coût – gain énergétique est relativement faible. Ainsi, en 2018, 38% du montant total du crédit d’impôt (soit près de 750 millions d’euros) est allé à l’isolation des vitres, travaux qui avaient momentanément été sortis de l’avantage, justement parce que leur efficacité énergétique était remise en question. L’installation de fenêtre double-vitrage a toutefois depuis été réintégrée dans le champ du Cite, mais pour un taux de crédit d’impôt réduit. Selon le rapport du député des Hautes-Alpes, en 2018, le montant moyen du crédit d’impôt, pour l’isolation des fenêtres, s’élevait ainsi à 1.244 euros, par logement. Sachant que le montant moyen des dépenses s’élève à 4.844 euros.