Saint-Étienne : un arrêté d’insalubrité qui met des copropriétaires en difficulté

le 4 octobre 2018

Cela fait plus de trois ans que Mickaël Charrier se bat, avec d’autres copropriétaires, pour faire réaliser des travaux sur un immeuble qui a été frappé d’un arrêté d’insalubrité sur les parties communes. Et rien ne bouge. Ou si peu…

Saint-Étienne : un arrêté d’insalubrité qui met des copropriétaires en difficulté

Mickaël Charrier et Sandrine Decousu font partie des copropriétaires qui voudraient que les travaux démarrent enfin sur leur immeuble, situé aux 57-59, rue du Soleil. Photo Loïc Todesco

« Entre les frais d’huissier et les appels de fonds, j’ai déjà sorti 50 000 euros de ma poche depuis le début de cette histoire. Sans rien en retour pour l’instant ! Et je ne parle même pas des loyers que j’ai perdus… »

Mickaël Charrier, 31 ans, vit un véritable cauchemar depuis plus de trois ans. En 2012, ce jeune Stéphanois, ingénieur dans les télécoms, a acheté, pour 80 000 euros, un appartement de 85 m² dans une copropriété d’une vingtaine de logements, aux 57-59 rue du Soleil.

Mais, en juin 2015, les parties communes ont été frappées d’un arrêté d’insalubrité. Un tel arrêté a deux effets. D’une part, il suspend le paiement des loyers. Ainsi, Mickaël Charrier a eu un locataire dans son appartement (qui, lui, était parfaitement habitable) jusqu’à fin 2017 sans percevoir aucun loyer.

« La mairie aurait dû faire réaliser les travaux d’office »

L’arrêté d’insalubrité impose aussi et surtout aux copropriétaires de faire effectuer les travaux dans un délai de dix mois ; si ce n’est pas fait, la Ville doit faire réaliser les travaux d’office et se retourner ensuite contre les propriétaires défaillants. Le délai de dix mois est passé depuis belle lurette et, du côté de la rue du Soleil, pas grand-chose n’a bougé.

Si les travaux tardent à être lancés, c’est parce qu’une demi-douzaine de copropriétaires (sur une vingtaine) sont défaillants. Ce sont ceux-là auxquels la Ville devrait se substituer pour payer les travaux, avant de se faire rembourser. Cela représente une somme de 150 000 euros. « Ils (la mairie, N.D.L.R.) ont pris un arrêté d’insalubrité pour faire avancer les choses, mais aujourd’hui, ils ne veulent pas payer cette somme, déplore Mickaël Charrier. Ce genre d’arrêté est donc totalement inefficace. »

De son côté, la mairie, par la voix de Cyril Mekdjian, conseiller municipal délégué à la santé publique, souligne que « le syndic a fait voter en assemblée générale les travaux prescrits par l’arrêté d’insalubrité. Il n’y a donc plus lieu pour nous de les faire réaliser d’office. En revanche, nous allons faire une avance de trésorerie pour les six copropriétaires défaillants, nous attendons simplement un devis ».

Source : Le Progrès

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