Sarcelles : Les habitants excédés par la mécanique sauvage

le 21 novembre 2017

Les résidents d’une copropriété située avenue Pierre-Koenig se mobilisent pour dénoncer les ateliers de mécanique sauvage installés sur leur parking.

Sarcelles, samedi. Les habitants de la copropriété située avenue Pierre-Koenig à Sarcelles sont excédés par la mécanique sauvage.

LP/M.G

Ils sont là tous les jours. En semaine, le week-end, mais aussi les jours fériés. Ce samedi après-midi, une douzaine d’hommes s’affairent. Certains sont allongés sous des voitures ou ont la tête dans un capot à trifouiller des moteurs ou autres pièces, d’autres placent des véhicules qui eux aussi doivent être réparés. « Ils se croient chez Renault », ironise un habitant à la vue de cette scène. C’est un garage à ciel ouvert où tout semble organisé. Tout ça, sous les fenêtres des copropriétaires de l’avenue Pierre-Koenig à Sarcelles. Eux, n’en peuvent plus. Ils dénoncent cette mécanique sauvage. Réunis devant le hall 11, pour exprimer leur ras-le-bol, ils se sentent « abandonnés », « pas écoutés ». Le problème dure depuis deux ans. « Notre syndic (NDLR : Batim & Fils) et la mairie se renvoient la balle », déplorent les manifestants.

Ils craignent que le phénomène, déjà important, s’amplifie. « Comme on est à côté d’un magasin de pièces détachés, ils viennent tous ici », s’agace Brahms. Dans ce parking privé, des taches d’huiles recouvrent le sol ici et là, des bougies et autres pièces sont laissés par terre. « Tout est sali. Ils abandonnent même des portières, cachent des moteurs… C’est n’importe quoi », s’énerve un père de famille. « Et pour les enfants, ce n’est pas agréable. Mon garçon est déjà revenu à la maison avec pleins de cambouis », intervient Emilie. Des bruits de marteaux résonnent. « Ils urinent dehors, se reposent sur l’herbe l’été… », décrit un autre. « On ne se sent plus en sécurité, réagit Mina. Je comprends qu’ils doivent travailler mais pour nous c’est dur. Et on ne trouve même plus de places pour se garer. »

A quelques mètres du groupe d’habitants, un mécanicien travaille. Peu bavard, il dit « comprendre » la réaction des copropriétaires. « Je suis nouveau ici », confie-t-il. Le bruit de gyrophares attire son attention. Il abandonne finalement le véhicule gris sur lequel il faisait des réparations, laissant les portes et le coffre ouverts, à la vue de la police. Les fonctionnaires expliquent qu’ils procèdent « à des relevés d’identité ». Mais difficile de faire plus, il n’y a pas de danger imminent. « Il faut un blessé, un mort pour que vous réagissiez », s’énerve une habitante. « Je suis désespéré, c’est soit on subit, soit on déménage pour ceux qui ont les moyens. Il n’y a rien de fait », lâche un autre.

Puis c’est au tour de François Pupponi, ancien maire (PS) et député de venir. « Vous êtes chez vous ici. Ça fait deux ans que je vous explique que la mairie n’a pas le droit d’intervenir parce que c’est un parking privé. La police ne peut pas non plus sauf s’il y a une plainte déposée par le propriétaire, mais vous n’écoutez pas ! », s’agace-t-il. Une longue discussion s’engage. « Ça fait trois ans qu’on dit à Batim de le faire. Dans les huit parkings de la ville, on n’a plus de mécanique sauvage parce qu’on a installé des barrières », insiste l’élu. Les copropriétaires veulent la même chose chez eux et comptent saisir leur syndic pour « organiser une assemblée générale extraordinaire au plus vite ». Contacté ce samedi, le syndic Batim & Fils n’a pu être joint.

Source : Le Parisien

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