Syndic: un métier plus transparent

le 10 avril 2017
Syndic: un métier plus transparent

Les tâches du syndic sont multiples. L’une d’elles consiste à collecter des devis pour des travaux d’entretien ou de rénovation de l’immeuble.-malajscy – Fotolia

Mieux encadrer et professionnaliser les activités des syndics de copropriétés: tel est l’objectif d’une nouvelle réglementation qui vient d’entrer en vigueur.

Fiable, diplomate et transparent, le syndic est le gestionnaire de biens immobiliers au nom de groupes de copropriétaires. En Wallonie et à Bruxelles, 1 500 syndics professionnels (actifs répertoriés par l’IPI, l’Institut professionnel des agents immobiliers) gèrent les biens immobiliers d’environ 30 000 copropriétaires. Ces derniers les ont choisis pour leur expérience et leur professionnalisme pour assurer de nombreuses responsabilités. Ils veillent à l’entretien et au bon fonctionnement des parties communes; organisent les assemblées de copropriétaires; rédigent des comptes rendus; veillent au recouvrement de charges communes; collectent des devis pour des travaux d’entretien, etc.

Si la majorité des syndics assurent une collaboration de confiance, la problématique de professionnels véreux ternit le milieu. Pour chasser efficacement ces syndics qualifiés d’«indélicats», tous les syndics doivent désormais inscrire leur(s) mandat(s) à la Banque-carrefour des entreprises (BCE).

«Plus vite alertés et protégés»

Cette nouvelle réglementation, en vigueur depuis ce 1er avril, ravit le secteur: «Nous réclamons cette mesure depuis des années, précise Olivier Hamal, président du Syndicat national des propriétaires et copropriétaires (SNPC). Cette inscription à la BCE doit surtout permettre une meilleure transparence. Elle oblige chaque syndic à déclarer chaque copropriété qu’il gère. En cas de fraude d’un syndic indélicat, tous les copropriétaires pourront rapidement être répertoriés et donc alertés. Nous pourrons évaluer son efficacité dans les prochains mois.»

Une belle avancée, donc, pour les professionnels consciencieux, qui seront davantage reconnus, mais aussi pour les copropriétaires, mieux protégés.

Les fraudes des «brebis galeuses»

«Trop de copropriétaires se sont déjà retrouvés victimes de syndics indélicats. Heureusement, ces “brebis galeuses” sont rares. Certains gèrent parfois des centaines de biens et travaillent donc pour des milliers de copropriétaires. Les détournements d’argents peuvent être importants. Dernièrement encore, à Anderlecht, un vide financier de 300 000€ a été découvert pour une copropriété de 150 appartements. Chaque ménage, à revenus modestes dans ce cas, avait perdu 2 000€!»

Si les détournements de fonds sont les fraudes les plus connues, d’autres escroqueries peuvent s’opérer: «Je pense à la problématique des syndics commissionnés. Lorsqu’il s’agit par exemple de mettre en conformité un ascenseur, un syndic indélicat va choisir un ascensoriste onéreux après avoir reçu une commission du fournisseur en question. Je peux aussi citer ces cas de cautions locatives détournées, qui ne seront jamais reversées…»

Alors que cette obligation amorce un meilleur encadrement de la profession, ainsi qu’un allégement de charge administrative, le Syndicat national des propriétaires et copropriétaires voudrait aller encore plus loin: «Nous réclamons maintenant une loi organisant la désignation d’un administrateur provisoire au bureau d’un syndic indélicat. Jusqu’à ce jour, le temps que la mesure de suspension ou de radiation se mette en place, les combines se poursuivent… »

Source : Lavenir.net

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