Thionville : en prison après avoir harcelé ses voisins pendant deux ans

le 23 décembre 2018

Insultes, crachats, réveils nocturnes, destruction des biens communs… Pendant deux ans, les habitants de cette copropriété de Thionville ont vécu un enfer. Mardi, le voisin harceleur est parti au trou. Pour un an.

Thionville: en prison après avoir harcelé ses voisins pendant deux ans

Le Thionvillois de 35 ans a été reconnu coupable de harcèlement et de violences volontaires avec préméditation. Il a été écroué à la maison d’arrêt de Metz à l’issue de son procès. Photo Pierre HECKLER

Un enfer. Il n’y a pas d’autre mot pour décrire le quotidien vécu par les habitants de cette copropriété privée du quartier de La Milliaire, à Thionville. À l’origine des troubles, un seul homme : Florent, la trentaine, qui a empoisonné la vie de ses voisins dès après son installation, courant 2016.

Des intimidations

Les faits, évoqués à la barre du tribunal correctionnel mardi font froid dans le dos. Quatre plaignants ont décrit leur voisin comme un fou furieux, qui envoie des coups de pied dans les portes des appartements sans raison apparente, s’amuse à écraser ses cigarettes sur les interrupteurs des communs, urine sur les paillassons et insulte copieusement quiconque le croise dans la cage d’escalier ou le parking.

La nuit, il n’est pas rare qu’il s’acharne sur les quarante-huit sonnettes de l’immeuble. Souvent, il hurle, déverse une haine injustifiée et au final bien effrayante.

Chaque fois il a bu mais surtout fumé du cannabis.

Pauvre voisine de palier

Et puis Florent a des cibles préférées. Sa voisine de palier par exemple : aujourd’hui encore, la jeune femme peine à s’en remettre. Son médecin la décrit sous le choc, terrifié par la présence inquiétante de cet individu qui la harcèle depuis fin 2016. C’est elle qui a écrit au procureur de la République, en janvier 2018, afin d’appuyer un dépôt de plainte resté sans réponse. Sur le papier, elle dit craindre pour son intégrité physique et celle de ses autres voisines. À la barre, son avocate rappelle des nuits dignes de films d’horreur « quand on voit passer l’ombre des pas dans le couloir… »

Sept descentes de police

Dès l’arrivée de l’étrange individu dans l’immeuble, les policiers sont mis au parfum. Depuis 2016, ils sont intervenus sur place à sept reprises. Au commissariat, les mains courantes s’amoncellent. Jusqu’à l’épisode de trop, il y a quelques jours.

Lors de son procès, Florent a eu du mal à avaler les faits. « On m’accuse de choses que je n’ai pas faites… » Une défense bien maigre à opposer aux faits mais aussi au témoignage de sa mère qui raconte avoir peur, elle aussi, de ce fils dont elle ne maîtrise pas la double personnalité.

Étrangement, l’expertise psychologique du prévenu n’a révélé aucune maladie mentale. En revanche, aucun doute sur l’addiction au cannabis et à ses effets ravageurs.

Mardi soir, Florent a été reconnu coupable de harcèlement sur sa voisine de palier et de violences volontaires avec préméditation à l’encontre de trois autres plaignants, dont le syndic de la copropriété. Ce soir-là, il est parti dormir en prison. Il a écopé de six mois ferme plus six mois de révocation de sursis. Pendant deux ans, un sursis avec mise à l’épreuve est encore au-dessus de sa tête, avec obligation de travailler, de se soigner, d’indemniser les préjudices matériels et moraux de ses victimes. Il a surtout interdiction de paraître à son ancienne adresse et d’entrer en contact avec ceux et celles qu’il a terrorisés pendant deux ans.

C.F.

Source : Républicain Lorrain

Ils parlent de nous :