Transformation des bureaux en logements : penser la réversibilité des bâtiments

le 25 mars 2019

Ce vendredi 22 mars avait lieu la 51e édition des BTP Mornings. Au programme : la transformation de bureaux en logements, alors que 4 millions de m2 de bâtiments tertiaires sont actuellement vacants en Île-de-France. Au-delà de l’existant, la question s’est plus largement élargie à la nécessaire réversibilité des futures constructions. Le point sur les propositions des intervenants.

Transformation des bureaux en logements : penser la réversibilité des bâtiments

Photo de Une : ©Adobe Stock

4 millions, c’est le nombre de m2 de bureaux vacants en Île-de-France. Alors qu’il est de plus en plus difficile de trouver un logement dans cette région tendue, ces 4 millions de m2 pourraient être reconvertis en 40 000 logements.

« En région parisienne, ces 30 dernières années, le prix de l’immobilier a été multiplié par 7, et le prix des loyers par 3. Il est de plus en plus difficile de se loger, et parallèlement il y a de plus en plus de bureaux à louer. La solution peut donc être de transformer ces bureaux en logements », introduit Patrick Vrignon, président de BTP Consultants.

Patrick Rubin, architecte à Canal Architecture et auteur de Construire réversible rappelle que l’« on connaît depuis longtemps déjà les bâtiments civils reconvertis, comme certaines abbayes, églises et hôpitaux », mais qu’« on peut aussi se demander si d’autres vieux bâtiments existants ne pourraient pas à terme devenir des logements ». « Dans l’hypothèse où il y aurait un grave problème de réchauffement climatique, imaginez que le Grand Palais ou Beaubourg puisse devenir des logements ! C’est une chose étonnante, mais que l’on peut porter », imagine l’architecte.

Concernant l’existant, la question « Comment rendre utile le patrimoine immobilier vacant ? » s’est également posée. Pour y répondre, Olivier Barbudeau, directeur du développement chez Camelot Europe, propose la gestion et la « protection par occupation », c’est-à-dire une habitation temporaire afin d’éviter les squats et les dégradations.

Ne plus construire pour un usage prédéterminé

Cette question de la réversibilité des bâtiments vaut pour ceux déjà existants, mais aussi pour les constructions à venir. « Lorsque l’on construit, ne pouvons-nous pas déjà penser réversible ? », résume-t-il. Pour l’architecte, il est désormais nécessaire de réfléchir, au moment de la construction, à un bâtiment qui n’ait pas un usage prédéterminé, qui puisse à la fois faire office de logement, d’hôtel, de bureau et de commerce. « La structure d’un bâtiment doit pouvoir recevoir tous ces usages », souligne-t-il.

Anne Démians, également architecte, prend pour exemple les « Black Swans », trois bâtiments construits à Strasbourg qui comprennent à la fois des logements, une résidence étudiante, un hôtel de luxe, des bureaux et des commerces.

 

La loi Elan : un premier pas ?

D’un point de vue juridique, les professionnels ont globalement considéré la loi Elan comme « un premier pas vers la transformation des bureaux en logements ». « Le but de la loi Elan, c’est de loger vite et bien », synthétise Amélie Pinçon, juriste. « Il y a des exonérations fiscales pour motiver les propriétaires à transformer, mais c’est une loi plutôt décevante du point de vue des juristes. On s’attendait à un vrai choc, notamment concernant les règles d’urbanisme et de facilitation, donc on est un peu déçus. Le point majeur de cette déception c’est la réversibilité. Transformer des bureaux en logements ça va, mais transformer des logements en bureaux c’est autre chose… On aurait pu imaginer une totale réversibilité », regrette-elle.

Claire Lemonnier

Source : Batiweb

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