Un parc de logements ancien

le 17 novembre 2018

Comment l’habitat indigne se traduit-il le plus souvent ici ? Dans le Lochois comme au plan départemental, il s’agit essentiellement de logements non conformes aux caractéristiques minimales de confort et d’équipement

Un parc de logements ancien

Free-Photos / Pixabay

Plutôt que de risques touchant à la sécurité et à la stabilité du bâtiment. « Majoritairement, c’est la question de la non-décence du logement qui peut-être préoccupante », confirme le sous-préfet de Loches, Philippe François.
En 2008, l’Agence nationale de l’habitat notait que, dans le territoire de l’ex-communauté de communes Loches Développement « l’inconfort est encore relativement élevé puisque 3.709 foyers sont dépourvus d’un des éléments de confort (salle de bains, WC intérieur, chauffage central) ». Dix ans plus tard, le constat reste valable, comme le remarque l’organisme Soliha, qui a pour mission l’amélioration des conditions d’habitat des populations défavorisées. « On fait beaucoup de créations de sanitaires dans le Lochois », confirme Mia Laclavetine, responsable de service chez Soliha 37.
Une situation qui s’explique par l’ancienneté du parc de logements dans le Lochois. Selon les sources, entre 64 % et 70 % des habitations présentes sur le territoire de Loches Sud Touraine ont été construites avant 1975. La communauté de communes a d’ailleurs engagé une opération programmée d’amélioration de l’habitat visant notamment à lutter contre l’habitat indigne.
De son côté, depuis 2014, Soliha a aidé 9 habitants du Lochois à financer des travaux afin de vivre dans de meilleures conditions (*), en particulier à Preuilly-sur-Claise, Genillé ou encore Beaulieu. « On est loin d’avoir connaissance de toutes les situations, souligne Mia Laclavetine. On ne peut parler que des demandes qui nous parviennent. » Bien souvent, ce sont des travaux lourds, avec reprise de la couverture par exemple. En moyenne, le coût avoisine 47.000 €, pour un apport personnel moyen de 9.500 €. « Dans la très grande majorité des cas, ce sont des personnes précaires, aux minima sociaux », poursuit la représentante de chez Soliha.
Ce sont des propriétaires qui sollicitent son organisme. « On a très peu de locataires faisant appel à nous pour l’insalubrité de leurs logements, conclut Mia Laclavetine. Ce n’est pas que cela n’existe pas, mais ils sont tellement satisfaits d’avoir un toit sur la tête qu’ils ne vont pas se mettre leur propriétaire à dos. »
(*) Sur 49 projets ayant abouti à l’échelle départementale.

repères

Un Pôle départemental de lutte contre l’habitat indigne (PDLHI) a été créé par arrêté préfectoral en 2013. En lien avec les collectivités locales, il regroupe différents acteurs du secteur en vue de traiter les situations d’habitat indigne faisant l’objet de plaintes ou de signalements. Des fiches de plaintes à destination des occupants (*) et des fiches de repérage à destination des professionnels permettent de faire remonter des désordres qui sont examinés par une commission spécialisée.
> Les signalements adressés au PDLHI représentent 71 dossiers en 2016, 99 en 2017 et 68 pour les 10 premiers mois de 2018. Ces signalements concernent majoritairement des logements en non décence. Au plan départemental, le parc insalubre est en diminution constante (moins 20 % depuis 2003), selon les services de l’État.
> A l’issue, ces dossiers peuvent être orientés vers des dispositifs de requalification de l’habitat pour pouvoir bénéficier des aides de l’Agence nationale de l’habitat. Les procédures peuvent également aboutir à des arrêtés d’insalubrité ou de péril interdisant l’occupation du logement.
> Le cas des copropriétés. L’Agence nationale de l’habitat (Anah) cherche à améliorer le repérage des copropriétés. Pour ce faire, un registre des copropriétés dégradées (complété par les syndics, notaires…) a été mis en place. « Le croisement des données financières liées à l’endettement de la copropriété au regard de l’ancienneté du parc pourra permettre un ciblage des copropriétés à risque », concluent les services de l’État.
(*) Disponibles sur le site internet : www.indre-et-loire. gouv.fr/habitat-indigne

Source : La Nouvelle République

Ils parlent de nous :

Appelez-nous